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Primaires : sincérités successives, hégémonies culturelles circonstancielles…

Les primaires, qu'elles soient organisées par la droite ou le PS, ne produisent que des états de grâce éphémères reposant sur des malentendus.

En politique, où les promesses n’engagent que ceux qui veulent bien y croire, il existe couramment des sincérités successives contradictoires. Elles s’alignent sur des hégémonies culturelles circonstancielles, à géométrie variable. À cet égard, les primaires constituent un révélateur impitoyable.

La primaire de la droite a consacré dans un premier temps l’état de grâce de François Fillon. Son néo-thatchérisme décomplexé a fait un tabac auprès de la frange dure de la droite. Au-delà, il s’agit d’une autre paire de manches : l’atterrissage a été plutôt brutal. Même en interne, la pertinence des propositions de redressement de la Sécurité sociale a été mise en doute. Il a même été envisagé d’actionner la mécanique du rétropédalage. Car si l’hégémonie culturelle au sein de la droite s’incarne actuellement dans une double radicalité, économique (un libéralisme de plus en plus échevelé et déshumanisé) et sociétale (une vision traditionaliste conservatrice), il n’en est pas de même au sein de l’électorat élargi de la droite. Et encore moins au sein de l’ensemble de la société française. Une fois au pouvoir, qu’en sera-t-il ? Il ne fait pas de doute que de mauvais coups au pacte républicain et social seront portés par une majorité constituée autour de François Fillon. Un réflexe de classe sera à l’œuvre : le choix de satisfaire l’hégémonie culturelle de son camp sera effectué, au détriment des aspirations et des revendications du plus grand nombre. Une vraie politique de classe…

À la primaire du Parti socialiste, les données diffèrent peu. Ou de manière symétrique. Il s’agira d’être (encore) de gauche. Mais mollement, pour deux raisons majeures. Il ne faut pas effrayer les possédants (que l’on se souvienne de François Hollande venant s’amender devant la City de Londres en déclarant « I am not dangerous » après son discours du Bourget où il avait identifié la finance comme son ennemie) ; il convient de ne pas obérer les conditions du futur rassemblement derrière le vainqueur à l’issue de ce qui n’aura été qu’un théâtre d’ombres. La distorsion est réelle. L’hégémonie culturelle du peuple de gauche reste sensible au discours marqué par un attachement aux services publics et à la sécurité sociale. Celle de l’appareil du PS est devenue fondamentalement sociale-libérale, animée par l’impératif de préserver ses petites rentes dans une logique d’appartenance à une caste de nantis. Pour le coup, donnons raison à Manuel Valls : il existe bien deux gauches irréconciliables. Mais Martine Aubry est également dans le vrai : c’est qu’une des deux n’est tout bonnement plus de gauche. Au pouvoir, des mauvais coups seraient de manière identique à attendre, en raison d’une conversion de classe effectuée par conviction. Et ceci dans la logique du quinquennat finissant de François Hollande, entre cadeaux aux entreprises, loi Travail et répression de l’action syndicale.

Les primaires ne produisent que des états de grâce éphémères reposant sur des malentendus. Ils conduisent les candidats à emprunter un même chemin : exagération pour sortir de la primaire, rétropédalage pour lisser son image, dissimulation pour gagner l’élection, passage en force une fois au pouvoir en tirant profit du caractère monarchique de la Ve République qui permet de congédier le peuple. Le malentendu permanent s’incarne bien dans le rapport au peuple. Un peuple que La France Insoumise et son candidat Jean-Luc Mélenchon travaillent à fédérer et à mettre en mouvement. Avec un programme « L’avenir en commun » s’articulant autour d’une hégémonie culturelle structurante qui récuse la notion de sincérités successives.


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