Débat présidentiel : La verve de Mélenchon

Les tirs croisés se sont concentrés sur Marine le Pen et Emmanuel Macron, lors du premier débat réunissant cinq candidats à l’élection présidentielle, alors qu’à gauche Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon se sont épargnés.

Nadia Sweeny  • 21 mars 2017
Partager :
Débat présidentiel : La verve de Mélenchon
© Photo : Eliot BLONDET / AFP

Les cinq « grands » candidats se sont opposés au cours d’un débat particulièrement tendu, tant la confrontation était cruciale au regard de l’indécision des électeurs. Si François Fillon a promis d’entrée une vraie majorité législative, il a largement été pris sous les tirs croisés de ses concurrents. Le candidat de la droite a paru sonné, comme absent.

Benoît Hamon a directement attaqué le candidat d’En marche ! sur les doutes entourant les personnalités qui le financent, expliquant avoir « évalué combien le poids des lobbies est fort » et dénonçant une campagne « polluée par l’argent ». Emmanuel Macron a pris l’engagement « de n’être soumis à personne ». Taquin, Jean-Luc Mélenchon a conclu : « Il faut bien qu’il y ait un débat au PS ! »

Tout au long de la soirée, Emmanuel Macron a soigné son électorat de droite, notamment sur la question du droit du travail.

À gauche, Mélenchon et Hamon ont respecté leur pacte de non-agression. Mieux, le candidat de la France insoumise a même qualifié « d’idée brillante » le revenu universel de Benoît Hamon, même s’il concède ne pas vouloir la mettre en œuvre en l’état.

Un pacte qui a été écorné à l’heure des sujets internationaux. La Russie de Vladimir Poutine est indiscutablement le point de friction entre Jean-Luc Mélenchon, qui veut organiser une conférence de sécurité pour évoquer les frontières que « personne n’a négocié à la chute de l’URSS », tandis que le candidat socialiste refuse d’accorder une légitimité à l’annexion de la Crimée par la Russie, en violation du droit international. Au total, un débat rythmé avec quelques belles passes d’armes. Les deux candidats de gauche ont tenu leur rang dans un exercice dominé par l’aisance de Mélenchon.

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Clémentine Autain : « Nous devons avoir le discours d’une gauche décomplexée »
Entretien 28 janvier 2026 abonné·es

Clémentine Autain : « Nous devons avoir le discours d’une gauche décomplexée »

La députée de Seine-Saint-Denis défend la nécessité d’une primaire de la gauche en 2027, à laquelle elle est candidate. Elle pose les bases de son projet présidentiel : renouveau démocratique, augmentation des salaires, nouvelle coalition internationale.
Par Lucas Sarafian
Sur X, les députés RN font comme si le procès n’existait pas
Enquête 23 janvier 2026

Sur X, les députés RN font comme si le procès n’existait pas

Ouvert depuis le 13 janvier, le procès en appel de Marine Le Pen et du Rassemblement national n’inspire presque aucun soutien sur le réseau social de la part des députés frontistes. Ce silence pousse, de fait, à considérer que le parti a déjà fait son choix pour 2027 en plaçant Jordan Bardella dans la course à l’Élysée.
Par Hugo Boursier
Procès FN-RN en appel : Marine Le Pen coule et embarque les coaccusés avec elle
Justice 23 janvier 2026 abonné·es

Procès FN-RN en appel : Marine Le Pen coule et embarque les coaccusés avec elle

Devant la cour d’appel, la présidente des députés RN tente de faire tomber l’élément central du jugement, celui qui la place à la tête d’un détournement organisé. Pour y parvenir et sauver 2027, elle concède des « ambiguïtés » et laisse l’addition politique à ses proches.
Par Maxime Sirvins
« Il y a des fascismes brutaux et des fascismes tranquilles : les deux progressent »
La Midinale 23 janvier 2026

« Il y a des fascismes brutaux et des fascismes tranquilles : les deux progressent »

Jonathan Durand Folco, professeur à l’université Saint-Paul à Ottawa (Canada) et auteur de Fascisme tranquille : affronter la nouvelle autoritaire aux éditions Écosociété, est l’invité de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien