Donald Trump s'échauffe sur le climat

Aprés le décret du président américain sur l'exploitation du charbon, les conservateurs s’en prennent aux enseignants, aux chercheurs et aux écologistes.

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Mardi, poussant la provocation jusqu’à se rendre dans les locaux de l’Agence pour la protection de l’environnement pour signer son décret, le président américain a jeté sa première pelletée de charbon sur la lutte climatique. Désormais, les règles imposées par le Clean Air Act et la restriction aux ouvertures de mine, à l’utilisation du charbon décidées par le président Obama sont nulles et non avenues. Ce n’est qu’un début. Car le nouveau président veut effacer ses deux premières déconvenues avec l’appui des Républicains et surtout de l’énorme groupe de pression constitué par les industries de l’énergie qui ont financé la plupart des campagnes électorales des gouverneurs, des sénateurs et des parlementaires de la Chambre des Représentants. Et surtout il doit satisfaire les (au moins) 40 % des Américains qui ne croient pas au dérèglement climatique entraîné par les activités humaines.

160 milliards d'euros de dégâts climatiques

Pourtant, le bilan financier des catastrophes naturelles est saisissant : en 2016, ces événements auraient entraîné quelque 160 milliards de dégâts dans le monde. Mais Donald Trump persiste et signe. En route, avec d’autres signatures à venir, vers le démantèlement de toute la législation américaine et la réduction au néant de l’accord de Paris signé en 2015 et 2016 par plus de 160 pays.

Au même moment – exemple parmi beaucoup d’autres –, 25 000 enseignants de science dans les lycées ont reçu un gros dossier émanant de l’Heartland Institute, « démontrant » que le réchauffement climatique n’est qu’un phénomène naturel ; 25 000 autres vont le recevoir au cours des deux prochaines semaines (lire cet article en anglais). D’ici quelques mois, un total de 200 0000 enseignants de science auront reçu ce dossier ; avec des précisions leur demandant de reconsidérer leur enseignement sur ce point de la part de cet organisme.

Ce think tank d’inspiration conservatrice et libertarienne basé à Chicago depuis 1984, est essentiellement financé par les producteurs de tabac et des compagnies pétrolières comme Exxon Mobil, dont l’ex-PDG est désormais le ministre des Affaires étrangères américain. 

De même, les universités d’État reçoivent depuis quelques semaines des consignes visant à réduire ou à supprimer les dotations des chercheurs s’intéressant au climat. La semaine dernière, au cours de sa conférence annuelle tenue à Washington, le Heartland Institute a adopté une résolution rappelant qu’il « n’existe aucun consensus mondial sur le changement climatique ».

Les profs de science sous pression

La nouvelle administration américaine n’est donc pas seulement résolue à changer les textes de loi, mais a déjà entrepris, par la force ou la persuasion, de changer l’enseignement. Au cours des prochaines semaines, Donald Trump va également proposer de revoir toute la législation de protection de la nature, changer les statuts des espaces protégés, changer les experts et diplomates participant aux discussions préparatoires de la COP23 qui se tiendra à Bonn au mois de mai, réduire ses participations au Fonds vert et à tous les organismes scientifiques nationaux et internationaux travaillant sur le climat, retirer ses spécialistes du Giec, et commencer à préparer son retrait de l’accord de Paris.

Effarés par ce qui se passe dans le monde de la science, contraints de mettre à l’abri les résultats de leur recherche sur des sites étrangers, privés de financement, les scientifiques organisent le 22 avril des marches de protestation dans une cinquantaine de villes américaines. Le 29 avril, d’autres scientifiques et des militants de l’écologie organisent une « Marche du peuple pour le climat » au cours de laquelle ils espèrent réunir plusieurs centaines de milliers de manifestants.


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