Vidéo : des milliers de personnes ont marché pour la justice et la dignité
L’événement a mobilisé de nombreux collectifs, pour soutenir les victimes de violences policières, dans une ambiance de solidarité partagée. Reportage.

Le parcours était symbolique. Partant de la place de la Nation, la Marche pour la justice et la dignité s’est terminée à celle de la République. Organisée par une douzaine de familles de victimes de violences policières – dont le collectif Urgence notre police assassine fondé par Amal Bentounsi –, la manifestation a réuni environ 10 000 personnes. Elle était également soutenue par plusieurs collectifs en solidarité avec les sans-papiers, les Rroms, les migrants, mais aussi quelques syndicats, comme Solidaires et des structures CGT et FSU, ainsi que des partis d’extrême gauche. Un élargissement synonyme de récupération pour certains, comme l’a souligné notamment Assa Traoré, dans Le Monde. L’enjeu : dénoncer le racisme structurel de l’État français, renforcé par un système néolibéral qui accroît les inégalités.
Émotion vive« Les violences policières touchent tous les continents. Pour moi, c’est un problème contemporain et mondial », explique Yams, 22 ans, avant que la marche ne commence, place de la Nation. Venu de Bruxelles pour le week-end, le jeune homme, militant au sein du collectif Nouvelle voie anticoloniale, constate que « le monde capitaliste est en fin de vie, ce qui pousse les politiques à se fasciser ».
Devant lui, les familles de victimes de violences policières se rassemblent et tendent une longue banderole, sur laquelle les visages des personnes disparues sont dessinés en noir et blanc. Un espace est laissé libre devant elles, pour qu’un véhicule lesté d’enceintes puisse s’arrêter. Les mères, sœurs, amis, livreront leur témoignage au micro durant toute l’après-midi, jusqu’à l’arrivée finale sur la place de la République.
Sous les applaudissements des passants qui entourent ce cortège de tête, le regard bas Mme Dieng est teinté de désespoir. « Je me bats depuis dix ans » explique la mère de Lamine, un jeune homme de 25 ans décédé dans un fourgon de police le 17 juin 2007. « Aujourd’hui, voler un bonbon, pour un jeune de banlieue, c’est un an de prison, et lorsqu’un policier tue, il n’y a rien », murmure-t-elle avec émotion, alors que sa fille, Amata Dieng, qui a créé le collectif Vies volées, lui passe la main sur l’épaule.
Quelques riverains écoutent le récit des familles, depuis les balcons guindés qui surplombent le boulevard Voltaire. La mère de Wassim El-Yamni soupire qu’elle est incapable de dormir depuis l’affaire Théo. Entre
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