Les chemins de la liberté, de la paix, de la fierté…

Qu’elles soient devenues historiques ou non, les marches collectives restent un ingrédient déterminant dans la mobilisation des citoyens.

Vanina Delmas  • 26 juillet 2017 abonné·es
Les chemins de la liberté, de la paix, de la fierté…
photo : En Argentine, les Mères de la Place-de-Mai poursuivent leur ronde depuis quarante ans pour réclamer la vérité sur la disparition de leurs enfants.
© EITAN ABRAMOVICH/AFP

Au printemps 1930, les routes sinueuses de l’Inde voient défiler une frêle silhouette vêtue de blanc, un bâton de pèlerin à la main, suivie par des dizaines puis des centaines de personnes. Âgé de 61 ans, le Mahatma Gandhi s’est lancé dans une longue marche de protestation contre l’ordre imposé à l’Inde par l’empire britannique, pour extirper son peuple de cette soumission coloniale. Durant vingt-cinq jours, avalant plus de 380 kilomètres, Gandhi ne cesse de mettre un pied devant l’autre avec détermination, pour sensibiliser ceux qu’il croise à la nécessité de l’indépendance de leur pays et pour prôner la non-violence. Au bout de son périple, de leur périple, l’océan Indien : Gandhi s’avance, se baisse et cueille une poignée de sel au bord de l’eau. À cette époque, l’occupant britannique oblige les Indiens de toutes catégories sociales à payer un impôt sur le sel, rappelant la gabelle en France, sous l’Ancien Régime.

Ce geste simple, touchant aux ressources naturelles et à la symbolique de l’oppression, est alors imité partout dans le pays, et la longue marche sème en chemin la graine de la désobéissance civile. Pour Max-Jean Zins, chercheur au Centre d’études de l’Inde et de l’Asie du Sud, Gandhi avait compris la puissance politique d’un tel déplacement collectif. « Il savait aussi que la marche, précisément parce qu’elle a valeur d’expérience pour tous ceux qui accompagnent le marcheur, le regardent ou songent à lui en pensant à ce qu’eux-mêmes pourraient accomplir s’ils se mettaient à suivre

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Société
Temps de lecture : 8 minutes

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