Le Spartak lillois, si loin du Qatar
À Lille, un club de football amateur « populaire et solidaire » défend depuis 2010 des valeurs de partage, de convivialité et d’antiracisme. Un ovni sportif aux antipodes des dérives du foot business.
dans l’hebdo N° 1475 Acheter ce numéro

En URSS, et dans les pays de l’Est, le football était structuré par les corporations. Pas toujours d’ailleurs d’une façon très cohérente. Si le Lokomotiv était le club des cheminots et les Torpedo et autres Dynamo les clubs de l’industrie, les Spartak (ou Levski, ou Legia) étaient souvent le club des militaires ou des policiers. Rien de tel à Moscou, où le Spartak, issu des premiers kolkhozes ou sovkhozes, était le club des ouvriers et des syndicats quand le Dynamo – le club de Lev Yachine, « l’araignée noire », meilleur gardien de but de tous les temps – était celui de la police ; le club de l’armée étant le CSKA. Si les dénominations sont restées, le professionnalisme a supplanté l’amateurisme marron et s’est affranchi des anciennes barrières corporatistes.
Mais le Spartak Moscou est resté le club préféré des Moscovites. C’est aussi le club qui a inspiré les fondateurs du Spartak lillois, un ovni sportif en territoire chti qui revendique des valeurs de solidarité, de convivialité, d’antiracisme, d’entraide et de partage. Plus qu’au Spartak d’ailleurs, c’est en référence à Spartacus que le nom a été choisi, nous disent Valentin et Ilyasse, deux membres du club rencontrés sur leur terrain d’entraînement, à un jet de pierres de la place De-Geyter, compositeur de « L’Internationale », dans ce quartier populaire de Lille Fives à la limite de Hellemmes. Fives (le Fives SC) fut aussi une équipe professionnelle