Le Spartak lillois, si loin du Qatar

À Lille, un club de football amateur « populaire et solidaire » défend depuis 2010 des valeurs de partage, de convivialité et d’antiracisme. Un ovni sportif aux antipodes des dérives du foot business.

Didier Delinotte  • 25 octobre 2017 abonné·es
Le Spartak lillois, si loin du Qatar
© photo : Aurore Planchet

En URSS, et dans les pays de l’Est, le football était structuré par les corporations. Pas toujours d’ailleurs d’une façon très cohérente. Si le Lokomotiv était le club des cheminots et les Torpedo et autres Dynamo les clubs de l’industrie, les Spartak (ou Levski, ou Legia) étaient souvent le club des militaires ou des policiers. Rien de tel à Moscou, où le Spartak, issu des premiers kolkhozes ou sovkhozes, était le club des ouvriers et des syndicats quand le Dynamo – le club de Lev Yachine, « l’araignée noire », meilleur gardien de but de tous les temps – était celui de la police ; le club de l’armée étant le CSKA. Si les dénominations sont restées, le professionnalisme a supplanté l’amateurisme marron et s’est affranchi des anciennes barrières corporatistes.

Mais le Spartak Moscou est resté le club préféré des Moscovites. C’est aussi le club qui a inspiré les fondateurs du Spartak lillois, un ovni sportif en territoire chti qui revendique des valeurs de solidarité, de convivialité, d’antiracisme, d’entraide et de partage. Plus qu’au Spartak d’ailleurs, c’est en référence à Spartacus que le nom a été choisi, nous disent Valentin et Ilyasse, deux membres du club rencontrés sur leur terrain d’entraînement, à un jet de pierres de la place De-Geyter, compositeur de « L’Internationale », dans ce quartier populaire de Lille Fives à la limite de Hellemmes. Fives (le Fives SC) fut aussi une équipe professionnelle

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 8 minutes

Pour aller plus loin…

De l’enfer carcéral au théâtre, la renaissance de Redwane Rajel
Portrait 13 mai 2026 abonné·es

De l’enfer carcéral au théâtre, la renaissance de Redwane Rajel

Le comédien de 51 ans raconte son parcours de vie accidenté dans un seul en scène salué par ses pairs. Son histoire est celle d’un homme qui s’est reconstruit grâce à la scène, découverte en prison à la faveur des permissions de sortie et des activités culturelles.
Par Hugo Forquès
Master Poulet : à L’Après M de Marseille, « il faut arrêter d’utiliser la nourriture pour stigmatiser »
Reportage 12 mai 2026 abonné·es

Master Poulet : à L’Après M de Marseille, « il faut arrêter d’utiliser la nourriture pour stigmatiser »

La polémique autour de l’ouverture d’un Master Poulet à Saint-Ouen, contestée par le maire Karim Bouamrane (PS), a charrié des enjeux à l’intersection entre classe sociale, racisme et géographie de territoire. Un sujet qui résonne à L’Après M, restaurant solidaire dans les quartiers nord de Marseille.
Par Zoé Cottin
Fin de vie : le Sénat abrège les débats sur l’aide à mourir
Loi 12 mai 2026 abonné·es

Fin de vie : le Sénat abrège les débats sur l’aide à mourir

Les parlementaires ont voté contre l’article sur lequel reposait « l’assistance médicale à mourir », une version plus restrictive du texte adopté à l’Assemblée nationale. Laquelle sera, dorénavant, seul maître à bord du texte.
Par Hugo Boursier
Des hymnes à Pétain aux néonazis dans la rue : le long week-end de la honte
Parti pris 11 mai 2026

Des hymnes à Pétain aux néonazis dans la rue : le long week-end de la honte

Toute la fin de la semaine, le Rassemblement national et les groupuscules d’extrême droite ont donné à voir leur réécriture dangereuse et génocidaire de l’histoire. Dans leurs villes ou dans la rue, leur haine explicite n’a fait que souligner la compromission des autorités.
Par Olivier Doubre