Éducation : « L’air du temps est à la mise en concurrence »

La réforme du bac et celle de l’entrée à l’université suscitent des mobilisations depuis la fin janvier, au motif qu’elles étendent le principe de sélection.

Ingrid Merckx  • 14 février 2018 abonné·es
Éducation : « L’air du temps est à la mise en concurrence »
© photo : eric cabanis/afp

Annabelle Allouch est maîtresse de conférences en sociologie à l’université de Picardie-Jules-Verne (Amiens) et chercheuse associée à Sciences Po. Elle est spécialiste des politiques éducatives et universitaires et de l’articulation entre le secondaire et le supérieur. Elle étudie comment se fabriquent et se reproduisent les inégalités et comment les politiques d’accès à l’enseignement supérieur se réforment en France, en Angleterre et aux États-Unis. Elle a publié en septembre 2017 un essai, La Société du concours [1], dans lequel elle analyse en quoi le concours est une « forme radicale de sélection », fonctionnant « comme une centrale de tri ». Dès l’introduction, elle prévenait que la loi du 19 décembre 2016 instaurant la sélection en master à l’université apparaissait comme une première étape de la généralisation du principe de sélection dans un établissement de service public.

Le 30 octobre, le Premier ministre, Édouard Philippe, et la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal, ont annoncé une réforme de l’entrée à l’université en 2018. Orientation renforcée au lycée, recrutement des étudiants sur dossier par les universités en fonction d’une grille d’« attendus » renseignés sur une nouvelle plateforme : Parcoursup. Les étudiants n’auront plus le choix de leur établissement, affirme une partie de la communauté éducative mobilisée depuis l’été dernier. Le 24 janvier 2018, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé qu’il présenterait le 14 février

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société Éducation
Temps de lecture : 9 minutes

Pour aller plus loin…

Loana Petrucciani : l’exploitation des femmes pauvres par la téléréalité est un spectacle mortel
Analyse 27 mars 2026 abonné·es

Loana Petrucciani : l’exploitation des femmes pauvres par la téléréalité est un spectacle mortel

L’histoire de la première vedette française de télé-réalité rappelle ce que la notoriété fait aux femmes : elle les tue, réellement ou symboliquement, comme pour expier la misogynie d’une société entière.
Par Nesrine Slaoui
« Il fallait que Loana meure pour qu’on en parle vraiment »
Entretien 27 mars 2026 abonné·es

« Il fallait que Loana meure pour qu’on en parle vraiment »

Le décès de Loana Petrucciani ravive un malaise collectif longtemps tu. L’essayiste Rose Lamy décrypte comment le mépris de classe a façonné la trajectoire d’une femme déplacée dans un monde qui ne voulait pas vraiment d’elle.
Par Juliette Heinzlef
Universités : des luttes contre le secteur privé au programme
Analyse 27 mars 2026 abonné·es

Universités : des luttes contre le secteur privé au programme

À l’université Paris-Cité, des étudiants se mobilisent depuis plusieurs mois contre la multiplication des partenariats avec le secteur marchand. Dans le viseur : les entreprises climaticides ou impliquées dans la colonisation israélienne à Gaza et en Cisjordanie.
Par Anthony Laurent
« L’Union européenne et ses États membres rêvent de camps pour des dizaines de milliers de personnes »
Entretien 26 mars 2026 abonné·es

« L’Union européenne et ses États membres rêvent de camps pour des dizaines de milliers de personnes »

Marie-Laure Basilien Gainche, professeure de droit public analyse en quoi le règlement « Retour » voté aujourd’hui par le Parlement européen bafoue des droits fondamentaux. Pour elle, ces derniers sont perçus « comme des contraintes » par l’Union européenne dans la mise en œuvre de ses politiques d’éloignement.
Par Pauline Migevant