Procès de Tarnac – Jour 6
Témoignage à charge : le chef antiterroriste de l’époque est venu volontairement défendre l’honneur de ses services. La présidente a joué son impartialité en l’interrogeant.

© ALAIN JOCARD / AFP
C’est le dossier à charge à lui tout seul. Sûr de lui. Droit dans ses bottes. Droit dans son rôle. Le commissaire divisionnaire Fabrice Gardon a demandé à être entendu au procès de Tarnac. Personne ne l’avait convoqué. Il vient, volontaire, défendre « l’honneur de la Sdat » (sous-direction antiterroriste) dont l’enquête a été « injustement discréditée depuis des années ». Il le fait pour « couper court à certains fantasmes ». Et pendant une bonne heure, en ce sixième jour de procès, il y parvient presque. Il connaît son dossier par cœur. À l’écouter, tout se tient. Son récit repasse le film des événements, c'est-à-dire une opération de « sabotages coordonnés ». Le film vu par la police en tout cas, et que la défense n’a cessé de démonter depuis le premier jour. Depuis dix ans.
Il parle d’une voix assurée. Son débit est rapide. Tenue impeccable. Il n’exprime aucune émotion. Il explique. Récite presque. Il était chef de la division terrorisme international entre 2005 et 2009. Un de ses groupes était en charge de l'affaire dite de Tarnac. Elle n'était pas dans les dossiers prioritaires – comme l'étaient l'islam radical
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