Sud appelle à manifester contre le licenciement de Gaël Quirante

Un rassemblement de soutien au secrétaire départemental de Sud PTT 92 est organisé à Paris ce lundi, suite à l’autorisation de son renvoi par Muriel Pénicaud.

Alexandra Scappaticci  • 26 mars 2018
Partager :
Sud appelle à manifester contre le licenciement de Gaël Quirante
Gaël Quirante, lors de la manifestation du 22 mars à Paris.
© Michel Soudais.

Une manifestation contre le licenciement de Gaël Quirante, secrétaire départemental de Sud PTT 92, aura lieu ce lundi 26 mars à 19 heures devant le ministère du Travail, à l’appel de l’union syndicale Solidaires. Dans un courrier daté du 20 mars, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, autorise en effet ce renvoi controversé.

Gaël Quirante a réagi à cette annonce dans une vidéo, ainsi qu’Olivier Besancenot :

Accusé de séquestration suite à sa participation en 2010 à une occupation de la direction départementale de La Poste, son renvoi avait alors été refusé la même année par l’Inspection de travail, puis en 2011 par le ministre du Travail, et enfin par le tribunal administratif en 2014. Après l’annulation en appel de ces trois décisions par le tribunal administratif de Versailles en avril dernier, toute la procédure a été relancée.

L’Inspection du travail a une nouvelle fois refusé ce licenciement, qualifié dans un rapport d’enquête de « discrimination syndicale ». Dans un contexte de forte mobilisation sociale, l’autorisation donnée par Muriel Pénicaud sonne pour l’union syndicale Solidaires comme « une déclaration de guerre sociale à tous les militants combatifs ».

Le sort de Gaël Quirante est désormais entre les mains de La Poste. Une rencontre est prévue le 29 mars entre l’organisation syndicale Sud PTT et le directeur des ressources humaines de l’entreprise.

En quatorze ans, le syndicaliste a subi dix tentatives de licenciement et un an et demi de mises à pied cumulées.

Une pétition contre le licenciement de Gaël Quirante et « la répression à La Poste et ailleurs » a déjà recueilli plus de 10 000 signatures.

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

« Les centres de détention libyens sont, par définition, des camps de concentration »
Entretien 10 juillet 2026 abonné·es

« Les centres de détention libyens sont, par définition, des camps de concentration »

David Yambio, fondateur de Refugees in Libya se dit « hanté » par le silence des Européens après que les députés européens ont adopté le règlement « Retour ». Il explique qu’en Libye, les politiques de l’Union européenne retiennent des milliers de personnes prisonnières et les condamnent à mort.
Par Pauline Migevant
Règlement européen « Retour » : la timide irruption du terme « déportation » dans le débat public
Analyse 10 juillet 2026 abonné·es

Règlement européen « Retour » : la timide irruption du terme « déportation » dans le débat public

Employé pour éviter l’euphémisation des termes utilisés pour qualifier les politiques migratoires européennes, ce mot, notamment associé à la Shoah, fait l’objet de débats.
Par Pauline Migevant
Pour que MeToo éclate dans la grève féministe
MeToo 9 juillet 2026

Pour que MeToo éclate dans la grève féministe

Dix ans après MeToo, alors que les violences continuent et que les réactionnaires s’arc-boutent sur leurs privilèges, ce texte appelle à refonder le féminisme comme force collective, décoloniale, transféministe et profondément démocratique.
Par Toni Viot
Expulsion « imminente » d’un homme vers le Soudan : la justice l’interdit, l’administration s’acharne
Exclusif 7 juillet 2026 abonné·es

Expulsion « imminente » d’un homme vers le Soudan : la justice l’interdit, l’administration s’acharne

Malgré l’annulation par le juge administratif d’un arrêté préfectoral fixant le Soudan comme « pays de renvoi », Politis révèle que la préfecture de police de Paris met tout en œuvre pour expulser un homme vers ce pays, en proie à une guerre civile. Son avocat craint une expulsion imminente.
Par Pauline Migevant