Au Brésil, les sans-toit donnent de la voix

Ils résistent aux expulsions, organisent des occupations et acquièrent de plus en plus de légitimité. Le mouvement des mal-logés pourrait peser lors de la présidentielle d’octobre prochain.

La scène transpire l’indécence. Jonchant cette colline pelée du quartier São Tomé de Paripe, à la périphérie de Salvador, des tiges de bambou, des palmes, des plaques d’aggloméré et des toiles de plastique sont tout ce qu’il reste des baraques de fortune de 450 familles « sans-toit ». La veille, la police militaire a débarqué à l’aube pour tout détruire, molestant les récalcitrants. Sous le regard placide de six policiers, des employés municipaux remplissent une benne à ordures avec les reliquats de ce qui…

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