Europe : Libre-échange, la machine infernale

Des accords déjà conclus avec le Canada et le Japon. À venir, avec l’Amérique latine, le Vietnam, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et plusieurs pays africains. Et aussi un accord mondial pour les tribunaux arbitraux… À l’approche des élections européennes de mai 2019, Bruxelles accélère sa fuite en avant face aux critiques. Quitte à passer en force sur un sujet qui remodèle l’économie et la vie quotidienne de millions d’Européens.

Erwan Manac'h  • 5 décembre 2018 abonné·es
Europe : Libre-échange, la machine infernale
© photo : Au Parlement européen, l’insoutenabilité des politiques commmerciales n’est jamais débattue.crédit : Wiktor Dabkowski/AFP

La Commission européenne a hérité en 2007 des pleins droits sur la politique commerciale et douanière des États membres, avec le traité de Lisbonne, qui entérinait une partie des réformes rejetées deux ans plus tôt par les référendums français et néerlandais sur la Constitution européenne. Elle lance alors des négociations bilatérales aux quatre coins de la planète, à un moment où l’Organisation mondiale du commerce (OMC) patine et ne parvient plus à amplifier le mouvement de libéralisation du commerce. Les antagonismes sont trop forts, notamment entre les pays en voie de développement, qui lorgnent les marchés alimentaires des pays riches, et ces derniers, qui aimeraient bien exporter le produit de leur industrie en se protégeant d’une déferlante sur leur marché alimentaire. Le règne sans partage des États-Unis et l’émergence de la Chine sapent également les efforts de multilatéralisme de l’OMC.

Les dirigeants européens planchent alors sur des accords de « nouvelle génération », bilatéraux et étendus. Ils ne se contentent plus de supprimer les derniers droits de douane sur les échanges commerciaux réciproques. Ils installent des organes de coopération réglementaire pour lever les « barrières non tarifaires » aux échanges que sont les règles sociales, sanitaires ou environnementales (lire ici). Ces accords « vivants » évoluent donc dans le temps,_ en installant les lobbys au cœur du processus d’écriture des règles du commerce mondial.

Les négociations, secrètes, aboutissent en premier avec les pays qui nous ressemblent. Après la signature en 2011 d’un accord avec la Corée du Sud, les

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