New Look : Liquidation à l’anglaise
La chute spectaculaire de la filiale française du groupe d’habillement New Look, dans une opacité savamment entretenue, laisse les salariés dans l’incertitude sur leur avenir.
dans l’hebdo N° 1551 Acheter ce numéro

New Look se débarrasse de sa filiale française. Les 429 salariés l’ont brutalement compris en septembre et viennent de mesurer l’urgence de la situation en découvrant, trois jours seulement avant le placement de l’entreprise en redressement judiciaire, le 26 mars, une dette abyssale que leur cachait la direction.
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La brutalité de l’annonce et la rapidité avec laquelle la trésorerie française a plongé dans l’abîme soulèvent une montagne de questions. Pour les salariés, laissés dans le flou, mais aussi pour la puissance publique. Car c’est aujourd’hui la solidarité nationale qui, via le régime de garantie des salaires, paye une partie des salaires pendant qu’un mandataire judiciaire cherche des repreneurs. En cas de liquidation, c’est ce même fonds qui pourrait régler les indemnités de licenciement des salariés. C’est l’une des raisons pour lesquelles des multinationales trafiquent parfois leurs comptes pour noircir le tableau et précipiter leur propre chute. Rien, pour l’heure, ne permet d’affirmer qu’un tel plan a été déployé chez New Look. Mais le silence de la direction anglaise du groupe témoigne, a minima, d’une gêne.
L’horizon s’assombrit pour New Look à partir de 2014, et un plan d’économies est déployé en 2017 avec de nombreuses fermetures de magasins dans le monde, au moment où l’érosion des ventes en boutique n’est plus compensée par la hausse des commandes sur Internet. Subitement, la rentabilité de la branche