7 décembre, acte 56 : les gilets jaunes ne lâchent rien

Samedi à Paris, les gilets jaunes ont joué leur acte 56, sur fond de mobilisations contre la réforme des retraites, la précarité et le chômage. Ils ont défilé à Paris. Retour en sons et en images.

Nadia Sweeny  • 9 décembre 2019
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7 décembre, acte 56 : les gilets jaunes ne lâchent rien
© Photos : Nadia Sweeny

Le cortège était bien parti de Bercy vers la porte de Versailles. Environ un millier de gilets jaunes, rejoints par quelques étudiants, chantaient ensemble dans les rues du 14e arrondissement de Paris…

Fabien, 34 ans, frigoriste en reconversion dans le domaine médical, est gilet jaune depuis le début du mouvement. Blessé au bras par une charge de police, il continue de se mobiliser.

Au fur et à mesure que le cortège avance, les choses s’enveniment, notamment au moment de rejoindre une autre manifestation contre le chômage et la précarité, organisée par les syndicats à Montparnasse.

Pour empêcher toute convergence, la police utilise gaz lacrymogènes et grenades de désencerclement, faisant monter la tension.

Tout au long du parcours, à plusieurs reprises, les policiers nassent les manifestants et les divisent en plusieurs groupes, pendant que les gendarmes filment.

© Politis

Bloqués dans un périmètre restreint, certains allument des feux de cagettes.

© Politis

Puis, alors que la manifestation, officiellement déclarée, devait rejoindre la porte de Versailles, la préfecture a changé d’avis à la dernière minute, bloquant ainsi le groupe au niveau de la porte Brancion, à quelques centaines de mètres de l’arrivée.

Des manifestants ont tenté de négocier. En vain.

© Politis

Jean-Marc, coincé dans la nasse, est gilet jaune depuis le début du mouvement.

Enfin dispersé par la police, le groupe se répand dans les rues de la capitale.

Plusieurs heures plus tard, nous en retrouvons quelques-uns aux Halles, dans le centre de Paris, pour une manifestation sauvage, non déclarée.

Sophie, en colère depuis 2015…

Monique, six enfants et deux petits-enfants,

Laurence, qui préfère rester complètement anonyme.

La police, au courant de ce rendez-vous, est déjà là.

Mais les gilets jaunes ont retiré leur attribut si reconnaissable. Fondus dans la masse des gens venus faire leurs courses dans ce centre commercial, ils sont invisibles. Sans crier gare, un groupe se lance alors…

Les policiers tentent de les encercler.

Mais, derrière eux, un autre groupe se fait connaître. Prises à leur propre piège, encerclées, déstabilisées par la stratégie des gilets jaunes, les forces de l’ordre chargent dans la foule, sans vraiment savoir qui est qui.

De partout, les gilets jaunes scandent alors : « Nous sommes partout, nous sommes tout le monde ! »

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