Comptoirs trop politiques

Le Saint-Sauveur à Paris, le Chat noir à Nantes et le Papier timbré à Rennes : trois bars connus pour être prisés par le milieu contestataire local ont fait l’objet de fermetures administratives.

Même baissé, le rideau métallique du bar le Saint--Sauveur ne perd rien de son mordant. Blanc sur noir, un poing américain dessiné vient frapper l’œil des passants, encadré par ce message : « Welcome to Ménilmontant ». Mais, ces derniers jours, le bistrot du XXe arrondissement a été contraint de baisser les armes. Une discrète feuille blanche balafre la devanture : « Le préfet de police a décidé la fermeture administrative de l’établissement “Le Saint-Sauveur”. » Du 21 au 30 janvier, ses portes restent closes. Un coup dur pour ce symbole de l’antifascisme dans la capitale. Cette décision pourrait se voir comme un cas isolé, mais plusieurs établissements connus pour leur engagement ou leur fréquentation militante ont essuyé des sanctions similaires. Des attaques ciblées contre des lieux souvent fantasmés par les autorités comme repaires de la subversion ?

« Simple mesure de police, nous ne faisons qu’appliquer la loi », déclare sobrement la préfecture. À l’origine de cette décision, une plainte du voisinage pour nuisances sonores. Aux formules procédurales et sibyllines de l’institution policière, le Saint-Sauveur oppose une plume rageuse sur sa page Facebook : « Parce que, pour eux, la convivialité est dangereuse car synonyme de subversion. Parce que ce qu’ils ne contrôlent pas leur fait peur. Parce que, dans leur vision du monde, le Paris antifasciste, populaire et militant n’a pas sa place. » Propriétaire du troquet et figure du milieu militant parisien, Julien Terzics y voit un acte délibéré et profondément politique.

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