Menaces climatiques : l’ONU et ses agences sonnent le tocsin !

Ces appels désespérés résonnent hélas dans le vide alors que les catastrophes sont imminentes.

Claude-Marie Vadrot  • 17 janvier 2020
Partager :
Menaces climatiques : l’ONU et ses agences sonnent le tocsin !
© Kiran Ridley / GREENPEACE AUSTRALIA PACIFIC / AFP

Chacune leur tour, après des silences prudents ou complices face à une communauté internationale qui globalement ne veut plus trop entendre parler des risques climatiques, les Nations unies et ses agences lancent des avertissements inquiets face à la dégradation actuelle et à venir du climat. Les premiers à tenter de secouer les indifférences ont été les responsables du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), basé à Nairobi au Kenya depuis les années 70. À plusieurs reprises, depuis la désastreuse COP 25 de Madrid, le PNUE s’est exprimé sur la dégradation des terres, sur l’effondrement de la biodiversité et la baisse des récoltes. Un avertissement qui a été également repris par la FAO (Food and Agriculture Organisation) dénonçant notamment les famines en cours en Afrique.

C’est au tour de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), créée à la fin du XIXe siècle, de s’affoler. Après avoir rappelé que l’année 2019 a été la plus chaude après le record de 2016, elle prévient que 2020 « ne s’annonce pas sous de meilleurs auspices ». Comme l’explique son secrétaire général, Pëtteri Taalas, « malheureusement, nous nous attendons à voir beaucoup de phénomènes météorologiques extrêmes en 2020 et dans les décennies à venir, alimentés par des niveaux records de gaz à effet de serre qui retiennent la chaleur dans l’atmosphère (…)_. D’après la trajectoire des émissions de dioxyde, nous nous dirigeons vers une augmentation moyenne de 3 à 5 degrés_ (…) les scientifiques ont déjà montré que chaque demi-degré supplémentaire augmente l’intensité et la fréquence des canicules, des tempêtes, des sécheresses ou des inondations ». Pour cette agence de l’ONU, les records de chaleur ont « préparé le terrain aux immenses feux de brousse dévastateurs qui ravagent l’Australie ».

Folies humaines

L’OMM ajoute que d’autres phénomènes dangereux ont été constatés : la fonte des glaces, des records de niveau de la mer et de chaleur des océans et son acidification. Pourtant, explique Chris Rapley, climatologue de l’University College de Londres, interrogé par l’OMM, « nous voyons des individus et des groupes puissants qui redoublent d’efforts pour nier une réalité de plus en plus claire. De toutes les folies auxquelles les humains se sont livrés pour endommager notre système de survie, celle en cours est sans aucun doute en tête de la liste ».

Toutes les agences des Nations unies, comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS) l’UNICEF ou le PAM (Programme alimentaire mondial) ont multiplié depuis quelques jours les avertissements devenant autant d’appels au secours. Sans que cela parvienne à vraiment émouvoir les pays industrialisés. Ce qui explique sans doute que cette semaine, les Nations unies aient rendu public un appel demandant à la communauté internationale que les espaces protégés couvrent au moins un tiers de la planète en 2030, non plus pour protéger les êtres humains mais pour tenter de sauver ce qui reste de la biodiversité, qu’elle soit animale ou végétale.

Un appel qui paraît désespéré mais qui sera néanmoins « étudié » au congrès international de l’UICN, l’Union internationale pour conservation de la nature, réunion mondiale qui se tient tous les quatre ans et aura lieu cette année à Marseille, du 11 au 19 juin 2020. En guise de « cadeau de bienvenue », qui montre à quel point il se désintéresse de la question climatique et de la biodiversité, Emmanuel Macron vient d’annoncer qu’il s’opposera à toute nouvelle réintroduction d’ours brun dans les Pyrénées et a fait savoir qu’il n’y aurait jamais de référendum sur une question climatique.

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

En Iran, le peuple veut choisir librement son destin
Décryptage 21 janvier 2026 abonné·es

En Iran, le peuple veut choisir librement son destin

Dans la rue depuis le 28 décembre malgré une répression meurtrière, les Iraniennes et les Iraniens, d’abord mobilisés contre les conséquences de l’hyperinflation, poursuivent aujourd’hui un combat contre un régime devenu symbole de coercition, à la croisée de crises multiples.
Par Isabelle Avran
« L’avenir de l’Iran doit être décidé par les Iraniennes et les Iraniens eux-mêmes »
Entretien 21 janvier 2026 abonné·es

« L’avenir de l’Iran doit être décidé par les Iraniennes et les Iraniens eux-mêmes »

Fondé en 1981, le Conseil national de la résistance iranienne se présente comme un « parlement en exil » et une alternative politique de transition. Afchine Alavi revient sur son histoire, sa stratégie de front uni et les perspectives d’un avenir iranien débarrassé à la fois des mollahs et de la monarchie.
Par William Jean
« Avoir le courage de ses convictions » : un an avant 2027, la droite assume l’alliance avec le RN
Rassemblement national 21 janvier 2026 abonné·es

« Avoir le courage de ses convictions » : un an avant 2027, la droite assume l’alliance avec le RN

Pour les municipales, de nombreuses figures locales s’entendent avec le Rassemblement national. À l’Assemblée, des députés LR jouent sur le terrain de Marine Le Pen. Les digues continuent de s’effondrer.
Par Lucas Sarafian
Budget : après l’échec du compromis, Lecornu s’en sort par la force
Budget 20 janvier 2026 abonné·es

Budget : après l’échec du compromis, Lecornu s’en sort par la force

Devant son incapacité à faire vivre sa méthode de gouvernement, le premier ministre renonce à son engagement sur le 49.3. Mais il devrait réussir à tenir et imposer son budget grâce à la fébrilité des socialistes et de la droite.
Par Lucas Sarafian