Covid-19 : bien s'informer, se protéger et protéger les autres

Endiguer la propagation du virus Covid-19 est la priorité absolue. Mais limiter celle des fausses informations qui accompagne forcément ce genre d’actualité est tout aussi vitale. Quelques conseils pour vous informer, voire vous apaiser.

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Où en est la propagation de la pandémie ?

La question de propagation du virus à travers le monde est sur toutes les lèvres, mais il faut souvent le voir pour le croire. Les chercheurs de l’université américaine Johns Hopkins ont élaboré une carte mondiale sur laquelle apparaît les foyers ainsi que les chiffres des personnes contaminées, décédées et guéries, pouvant être affiné en fonction de l'aire géographique choisie.

Ci-dessous, la carte au 17 mars à 16:53.© Politis

Si vous n’avez pas peur de revivre jour par jour la propagation du Covid-19, lancez l’animation vidéo de l’application Healthmap) une carte interactive développée notamment par les équipes de la Harvard Medical School et de l’hôpital pour enfants de Boton.

Le Washington Post analyse la situation aux Etats-Unis à partir de courbes, permettant de rendre visible la propagation exponentielle du virus. Plusieurs simulations interactives démontrent ce qu’engendre les changements de comportements, notamment la « distanciation sociale » ou la quarantaine forcée, pour inverser la tendance.

Si le nombre de cas devait continuer à doubler tous les trois jours, il y aura environ cent millions de cas aux États-Unis d’ici mai. Ce sont des mathématiques, pas une prophétie. Selon les professionnels de la santé publique, la propagation peut être ralentie grâce à la « distanciation sociale » c’est-à-dire en évitant les espaces publics et en limitant ses déplacements.

Quels réflexes adopter rapidement pour préserver sa santé et celle des autres ?

La situation évolue très rapidement, tout comme les recommandations à suivre en France. Le site du ministère de la Santé met à jour quotidiennement les mesures de sécurité et de confinement. Et rappelle le numéro vert disponible 24h/24, 7 jours sur 7 pour répondre à toutes les questions, autres que celles concernant les conseils médicaux personnalisés (0 800 130 000).

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Olivier Véran, ministre de la Santé, a affirmé que la prise de certains anti-inflammatoires (ibuprofène, cortisone…) sont susceptibles d’aggraver les effets du Covid-19. Cependant, les personnes ayant un traitement doivent consulter leur médecin.

L’association Asthme et allergies a mis en place un numéro vert spécial Asthme & Allergies Infos Service : 0800 19 20 21 et répond à quelques questions dans leur communiqué : « Les personnes asthmatiques n’ont pas plus de risques d’être contaminées par le COVID-19 que le reste de la population à condition que l’asthme soit bien contrôlé. En revanche, elles ont davantage de risques de développer des complications respiratoires en cas de contamination. »

À partir de mardi 17 mars, à midi, « un dispositif de confinement est mis en place sur l’ensemble du territoire pour quinze jours minimum ». Les conditions pour se déplacer sont à retrouver sur le site du gouvernement.

Pour chaque déplacement autorisé, vous devez vous munir d’une attestation de déplacement dérogatoire à télécharger ici pour l’imprimer ou à recopier sur papier libre pour les personnes n’ayant pas d’imprimante.

Comment résister à l’anxiété ?

L’éclatement d’une pandémie qui semble incontrôlable dans l’immédiat peut affecter la santé mentale de tout le monde, et en particulier des personnes souffrant déjà d’anxiété. Dans le New York Times, le psychiatre Judson A. Brewer décrypte les effets de l’épidémie de coronavirus sur nos réactions. La peur, l’anxiété, la panique alimentées par les incertitudes sont également très contagieuses socialement. Ses conseils :

Pour pirater notre cerveau et briser le cycle de l'anxiété, nous devons prendre conscience de deux choses: que nous devenons anxieux et quel en est le résultat. Cela nous aide à voir si notre comportement nous aide réellement à survivre, ou nous emmène dans la direction opposée [...] Une fois que nous sommes conscients que l'anxiété n'est pas gratifiante, nous pouvons alors délibérément apporter la « meilleure offre ». En prenant un moment pour faire une pause, se poser cette question, nous donnons à notre cortex préfrontal une chance de revenir sur la bonne voie et faire ce qu'il fait le mieux : réfléchir.

L’Organisation mondiale de la santé a publié le 6 mars des recommandations pour préserver sa santé mentale : Mental Health Considerations during COVID-19 Outbreak (en anglais). En voici quelques unes :

  • Le COVID-19 a affecté et est susceptible d'affecter des personnes de nombreux pays. Ayez de l'empathie envers ceux qui l’ont contracté, quelque soit leur nationalité ou ethnie.
  • Ne faites pas référence aux personnes atteintes par le virus en tant que « cas COVID-19 », « victimes » ou les « malades ». Ce sont « des gens qui ont le virus », « des gens qui sont traités pour »,« des personnes qui se remettent du COVID-19 ».
  • Recherchez les informations les plus récentes à des moments précis de la journée. Le flux presque constant de reportages sur une épidémie peut amener quiconque à se sentir inquiet.
  • Trouvez des occasions d'amplifier les voix, les histoires positives et les images positives des populations locales qui ont fait l’expérience du COVID-19 et en ont guéri.

Où en sont les chercheurs sur le Covid-19 et un éventuel remède ?

Dans l'entretien accordé au journal du CNRS le 13 mars, Bruno Canard, directeur de recherche CNRS à Aix-Marseille, spécialiste des coronavirus fait le point sur les causes de cette épidémie liées à notre rapport à la nature mais aussi sur la collaboration internationales des scientifiques pour faire progresser rapidement les connaissances et trouver la bonne voie thérapeutique. Il souligne que implique des engagements forts sur le plan politique et économique envers la recherche, ce qui a manqué ces dernières années :

La recherche de nouveaux traitements thérapeutiques est un investissement sur le long cours. Elle utilise de grands équipements, fait appel à des collaborations interdisciplinaires allant de la biologie structurale au calcul informatique [...] Toutefois l’histoire a fortement réduit la possibilité de ce type de recherche sur les coronavirus. Ce domaine a pâti de la crise financière de 2008, qui a conduit les États à rediriger leurs soutiens économiques vers d’autres pans de la société, et des politiques de recherche, dont la réforme du crédit impôt recherche la même année, qui ont réduit les budgets alloués à la recherche fondamentale.

Vraie info ou intox ?

De nombreux médias – dont Politis – laissent en accès libre leurs articles concernant le coronavirus afin d’informer le plus grand nombre. Même si personne n’est à l’abri d’une erreur, y compris les journalistes spécialisés, cela permet de multiplier les sources d’information.

Les réseaux sociaux (emails, Twitter, Facebook, WhatsApp, Instagram…) sont désormais des réflexes pour s’informer. Or, ce sont (aussi) d'importants vecteurs de fausses informations, souvent très virales. Le fact-checking de l’Agence France presse recense (pour le moment) 46 vérifications : https://factuel.afp.com/le-coronavirus-les-verifications-faites-par-lafp

Et si vous avez encore des doutes sur la façon de travailler des journalistes de l’AFP, vous pouvez lire le témoignage de Julie Charpentrat, spécialiste des « fact-checks » sur les questions de santé :

La désinformation en matière de santé est sans doute l’une des plus dangereuses car elle peut coûter des vies, en particulier dans les pays où les gens s'informent énormément – parfois uniquement – via les réseaux sociaux ou WhatsApp et où les systèmes de santé publique sont faibles


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