« Avec le confinement, les gens découvrent les producteurs près de chez eux »

Aujourd’hui dans #lesdéconfinés, Benjamin Trouslard, maraîcher bio à Chécy (Loiret). Depuis la mi-mars, son chiffre d’affaires sur la vente directe de ses légumes a presque doublé.

Chloé Richard  • 3 avril 2020
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« Avec le confinement, les gens découvrent les producteurs près de chez eux »
© PHOTO : ALAIN JOCARD / AFP

Depuis le début du confinement, j’ai augmenté mon nombre de clients et le panier moyen car les gens prennent des plus gros paniers. Je vends le jeudi soir et le samedi matin habituellement. Mais là, depuis jeudi 26 mars, je ferme car je n’ai plus de stocks pendant au moins 10 jours. Jeudi dernier, j’ai quasiment doublé mon chiffre d’affaires habituel et j’ai augmenté de 50 % le nombre de clients. Normalement, j’ai une cinquantaine de clients, voire 60 les bons soirs. Là, je suis à 85 clients.

#Lesdéconfinés, une série de témoignages sur le travail et les nouvelles solidarités pendant le confinement. Nous cherchons des témoignages de personnes qui ne vivent pas leur confinement comme tout le monde. Si vous êtes obligés de sortir pour travailler ou si vous devez sortir pour créer de nouvelles solidarités (association, voisinage), racontez-nous votre expérience et envoyez-nous un mail.

Sans doute qu’avec le coronavirus et le confinement, les gens n’ont pas envie d’aller dans les grandes surfaces, alors ils découvrent les producteurs près de chez eux. Ici, à Chécy, le niveau de vie est plutôt aisé avec beaucoup de cadres qui mangent à l’extérieur, et le midi leurs enfants sont à la cantine. Mais là, ils télétravaillent, ce qui rend les volumes consommés plus importants. Maintenant, les gens ont plus tendance à prendre 2 kg de pommes de terre alors qu’avant c’était 800 grammes.

Je me suis aussi adapté face à l’épidémie. On est dans un climat anxiogène. Au lieu d’effectuer la vente des légumes dans le bâtiment, je l’ai faite dehors en respectant une distance de 1,50 m entre les clients avec un marquage au sol. Une grosse partie des légumes a été prépesée pour éviter la manipulation. J’ai enfilé des gants en vinyle et nettoyé le terminal pour la carte bleue après chaque client.

Logiquement, je rouvre jeudi 9 avril. Il y a toujours un petit creux de production en maraîchage. L’an passé il est arrivé mi-avril, cette année il a eu 15 bons jours d’avance avec ces ventes qui ont explosé. Mes stocks de courges ont complètement fondu. En moyenne, je vends 20 kg de pomme de terre, là je suis passé à 90. Même chose pour les carottes, c’est passé de 30 à 60 kilogrammes. Le jeudi soir, je vends près de 5 kg de blettes, là j’en ai vendu 15 kg. Reste à savoir si cela va perdurer ou si ce sera juste le temps du confinement, c’est difficile de se projeter, même si je pense que certains clients vont y prendre goût.

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