*DUUU : radio confinée… mais libre !

Notre Voyage autour de nos chambres #35 vous propose de découvrir une webradio unique en son genre en France : *DUUU. Fondée par quatre plasticiens, elle offre aux artistes contemporains un espace d’expression à leur image : libre. Le confinement est l’occasion d’explorer ses archives et de découvrir ses nouvelles émissions.

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DUUU n’est ni un sigle ni bien sûr un acronyme. Sur la page d’accueil de cette webradio fondée en 2012 par quatre artistes plasticiens, on apprend que son nom est la traduction du mot * « radio » en code Parsons, système de notification musicale inventé en 1975 par Denys Parsons pour rendre accessible à tous la lecture de la musique. Ce qui ne dit rien du contenu des émissions proposées, mais donne une idée de la démarche de ses fondateurs. En mettant des outils radiophoniques professionnels à la disposition d’artistes contemporains aux pratiques diverses, ils donnent à entendre à tous des paroles singulières. Hors cadres.

Ondes locales, de partout

Basée en temps déconfinés dans le Parc de La Villette et au Théâtre de Gennevilliers (T2G), *DUUU poursuit depuis le 17 mars ses activités à distance. Grâce à sa trentaine de correspondants sur le territoire et dans le monde, la webradio continue de donner des nouvelles du monde de l’art. Elle le fait même à un rythme plus soutenu qu’à son habitude. « Depuis le confinement, nous recevons de très nombreuses propositions d’émissions. Nous sommes heureux de pouvoir les accompagner en cette période dans leur réalisation », dit Simon Nicaise, l’un des fondateurs de la webradio.

Une grille de programmation quotidienne a été mise en place, où des nouveautés côtoient avec bonheur des archives – plus de 1.000 émissions –, que l’on peut aussi écouter en podcast quand bon nous semble. Chaque jour, on redécouvre par exemple une émission réalisée à Gennevilliers. Au gré de nos déambulations dans ce véritable labyrinthe sonore, la pièce radiophonique Tous ceux qui tombent réalisée par Philippe Ripoll et Loraine Baud nous mène auprès des adolescents du Club Jean-Vigo en pleine exploration de l’univers de Beckett. Tandis que 6, rue du 8-Mai 1945 nous plonge dans la création par Morgane Fourney d’une œuvre dans un hall d’immeuble. Dans *DUUU, l’art est au cœur de la ville.

Fictions, docus et cetera

Si l’initiative est née du côté des arts plastiques, elle s’est rapidement étendue aux autres disciplines artistiques. Ce qui participe pour beaucoup à la diversité des formats proposés. À côté des émissions témoignant de processus artistiques, on trouve ainsi des lectures très variées. Comme celle, passionnante, d’une longue interview du critique d’art et théoricien Craig Owens, traduite par Damien Airault sous le titre de Portrait d’un jeune critique. Sur notre chemin dans les denses archives, on croise aussi de nombreuses fictions ainsi que des séries. Celle de Pierrick Mouton par exemple, Radio Vaudou, recommandée aux amateurs de voyages lointains. Sur les ondes de *DUUU, l’ici et l’ailleurs ne font qu’un.

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