Dossier : Les luttes essentielles déconfinées

L’espoir d’un « premier de corvée »

En première ligne pendant le confinement, Ousmane, éboueur sans papiers, espère que cette épreuve lui permettra d’obtenir une régularisation.

Aux premiers jours du confinement, c’est la peur qui a pris le pas sur tous les autres sentiments, insiste Ousmane (1). « Nous touchons les poubelles des gens toute la journée. Alors, quand l’épidémie circulait partout, nous avions beaucoup d’inquiétude. » Il se souvient aussi des difficultés endurées pour se rendre sur son lieu de travail, avec des transports en commun quasiment à l’arrêt. Il a fallu enfin composer avec les nombreuses absences de ses collègues, sans savoir si elles étaient dues au virus ou à l’angoisse de sortir travailler.

Rapidement, l’entreprise de collecte des ordures pour laquelle travaille Ousmane a pris des mesures synonymes de double peine pour les ripeurs (les éboueurs qui travaillent à l’arrière du camion), comme lui. Pour ne pas risquer de contaminer leurs collègues, ils n’avaient plus accès aux vestiaires et devaient se présenter directement en tenue dans la rue, au point de départ de leur tournée. « Sous la pluie ou dans le froid, nous devions marcher jusqu’au point de rendez-vous et attendre le camion », raconte-t-il.

Une hiérarchie se dessine aussi entre les « embauchés avec papiers » et les intérimaires, pour la plupart en situation irrégulière : « À nous, la direction ne distribuait qu’un masque par semaine, alors que les embauchés étaient mieux lotis », témoigne Ousmane.

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