Aux États-Unis, l’élection de tous les complots

La campagne présidentielle de 2020 restera dans les annales pour ses théories délirantes, à commencer par celles de la mouvance QAnon, que Donald Trump se refuse à désavouer.

J e ne sais rien de QAnon », a juré Donald Trump, le jeudi 15 octobre, lors d’un forum télévisé avec des électeurs de Floride. L’animatrice de la discussion, Savannah Guthrie, journaliste sur la chaîne nationale NBC, venait de lui demander de désavouer « une fois pour toutes » cette théorie complotiste absolument folle, qui veut que le président américain ait été porté au pouvoir pour démanteler un cercle de pédophiles satanistes et de cannibales composé de démocrates et de membres de l’« État profond » (« Deep State »). « Tout ce que j’entends d’eux, c’est qu’ils sont contre la pédophilie, et je suis d’accord avec ça », a commenté sans sourciller le locataire de la Maison-Blanche.

Ce soutien tacite par le personnage le plus puissant de la planète à ce mystérieux mouvement, que même le FBI considère comme une « menace terroriste intérieure », a provoqué une vive indignation au sein de la gauche états-unienne, mais pas dans les communautés d’extrême droite en ligne, où Trump a été loué. « C’était la plus belle promo pour QAnon que j’ai jamais vue », s’est réjoui un utilisateur du forum 4chan, où cette théorie délirante a vu le jour. Née en octobre 2017, cette mouvance aurait été créée par un fonctionnaire haut placé au sein du gouvernement fédéral américain. Il signe ses messages sur 4chan de la lettre « Q », référence au niveau d’accès aux communications confidentielles accordé à certains membres de l’administration. Les folles histoires propagées par « Q » et ses soutiens vont loin : selon eux, Trump aurait été recruté par des généraux pour briser ce réseau secret et traduire ses membres en justice. Elles incorporent également d’autres théories du complot, comme les ovnis ou la disparition de John Fitzgerald Kennedy Jr., fils de l’ancien président, qui ne serait pas décédé dans un crash d’avion. Le candidat démocrate Joe Biden n’y échappe pas. Il aurait ordonné la mort des militaires de l’unité d’élite chargée de tuer Oussama Ben Laden après qu’ils auraient, par erreur, abattu une doublure du terroriste.

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