Chapelle-Darblay, un modèle industriel vertueux

Près de Rouen, la papeterie produisait du papier 100 % recyclé jusqu’à sa fermeture, en juin. Les salariés se mobilisent pour la poursuite et la transformation de leur activité.

O n a les clés de l’usine, on est encore chez nous ! », glisse avec malice Arnaud Dauxerre, en ouvrant la porte de l’unité de désencrage de la papeterie Chapelle-Darblay, à Grand-Couronne (Seine-Maritime). Représentant du collège des cadres au CSE (comité social et économique), il ne se lasse pas de faire visiter cette « cathédrale du recyclage » et d’expliquer le circuit du papier récolté, trié, désencré, recyclé. « Avant, il faisait une chaleur quasi tropicale, et c’était très bruyant ! », raconte-t-il devant la machine qui ôtait l’encre et les impuretés des fibres de nos papiers du quotidien. Aujourd’hui, seuls les courants d’air, le silence de plomb et les vestiges de papier habitent les lieux. Il y a un an, le propriétaire, l’entreprise finlandaise UPM, a mis en vente l’usine qui a cessé son activité en juin dernier. « Au-delà de la casse industrielle, nous assistons à la casse d’un savoir-faire. Ici, on démontait et remontait nous-mêmes les pièces des machines, des rouleaux, pour les ajuster et améliorer la qualité du papier », précise Arnaud Dauxerre, les yeux rivés sur ces énormes cylindres désormais figés. Pour le moment, aucun repreneur ne semble intéressé par ce site, mais les « Pap Chap » – surnom des salariés – ne s’avouent pas vaincus.

Debout depuis quatre-vingt-dix ans, la papeterie était la seule à produire du papier journal 100 % recyclé en France. Elle pourrait devenir l’emblème du « jour d’après écologique et social » que les militants de plusieurs organisations tentent de forger pas à pas. Vendredi 16 octobre, des représentant·es de Greenpeace, Attac, les Amis de la Terre France, Oxfam France, la Confédération paysanne, les syndicats FSU, Solidaires et la CGT ont fait le déplacement pour soutenir les quelque 218 salarié·es, quasiment tous licencié·es. Ces huit organisations sont le noyau dur du collectif Plus jamais ça, lancé au printemps 2020 pour « reconstruire un futur, écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral ».

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