Jean-Claude Amara, la rue pour fil rouge

Le poète et musicien a accompagné trente années durant l’association Droit au logement. Avant de revenir à ses premières amours en compagnie des peintures de JB Xana.

Un bazar hétéroclite, d’insolites formes et décors. Dans le cadre, toujours présent, apparaît un personnage, sinon des silhouettes, juste esquissées, déambulantes, brinquebalées, des ombres jetées en une heureuse farandole. Toute une cosmogonie aux figures géométriques qui se télescopent, s’engendrent.

Le coup de pinceau se veut fulgurant, le trait précis. Le peintre JB Xana travaille sur les échelles, les espaces, où la couleur extirpée emporte la part belle. Du bleu face au rouge, du jaune adossé à un ocre, un dégradé de bleus butant sur l’orange, des bruns qui viennent titiller du presque noir, des pigments qui se chamaillent. JB Xana, c’est un théâtre de créatures folles et libres, un chaos ordonné, des impressions de désabus, d’amusement, d’étonnement. Le tout-venant de la vie.

Un tout-venant au diapason de la poésie de Jean-Claude Amara, qui accompagne cette exposition entre huiles, aquarelles et versification. Deux univers parallèles joliment mis en scène par le Hang’art, à Paris, comme un accord mets et vins. Où le verbe décline une mélancolie joyeuse. « Au bout du bout de mon âge / Vieux jeune homme de passage / Désespérément pas sage / Ivre d’azur et d’espace / Je veux frémir en flash-back / En réminiscence intacte / Au goût subtil et tenace / Des esquimaux de l’entracte / Des bonbecs, des roudoudous / des diabolos vert et rouge / Des tartines de saindoux / des ripailles à deux sous / Je veux croquer à l’envi / Dans la guimauve et les frites / Dans la chair tendre des fruits […] Tutoyer le souvenir / De l’offrande et la débine / Des soleils, des matins gris / Qui font et défont la vie. »

Voilà un bail que Jean-Claude Amara avait lâché la poésie. Il y revient, à bientôt 75 ans.

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