BlackRock : La longue attaque du « calamar géant »

Le géant financier BlackRock et son fondateur Larry Fink font l’objet de deux enquêtes journalistiques décryptant, chacune à leur manière, l’immense puissance du « gestionnaire d’actifs » états-unien.

BlackRock valait bien un livre… Ou deux. Le géant mondial de la finance, en passe de prendre une place prépondérante dans l’économie mondiale, est sorti de l’ombre ces derniers mois. La proximité de son fondateur, Larry Fink, avec Emmanuel Macron, son action remuante sur le CAC 40 depuis 2017 et l’intrusion des militants de Youth for Climate au siège français de la multinationale ont achevé de convaincre l’éditeur Florent Massot qu’il y avait là un terrain journalistique à défricher. Il publie donc la traduction d’une enquête de l’Allemande Heike Buchter, correspondante de Die Zeit à New York, d’une expertise rare sur les arcanes de Wall Street.

Seulement, les événements ont pris une tournure peu banale. Au moment de faire lire à l’autrice la préface ciselée pour la version française par le journaliste français Denis Robert, spécialiste de la finance, cela coince. Côté allemand, la préface déplaît et la toute-puissance de BlackRock intimide. La journaliste craint des actions en justice et que toutes les portes qui s’étaient entrouvertes se referment. « Ils vont nous écraser si vite que nous n’aurons aucune chance de nous en sortir », écrit-elle dans un échange avec l’éditeur français, selon le récit de Denis Robert. Les deux journalistes ont aussi des styles très différents : « Elle est une journaliste financière, moi, je suis un journaliste olé olé, un écrivain bizarre. Cette différence d’approche doit être perturbante », écrit le Français. Qu’à cela ne tienne, la préface devient un pamphlet et Massot finit par publier presque simultanément, fin 2020, deux enquêtes fleuves, en résonance, sur le « rocher noir » de la finance.

Celle de Denis Robert nous entraîne au gré des interrogations de l’auteur dans les méandres d’une machine tentaculaire agissant hors de tout contrôle. Un récit introspectif et personnel, accessible, corrosif, parfois touffu, qui offre au profane une visite guidée d’un phénomène sur lequel les connaisseurs ont encore davantage de questions que de réponses. La seconde est méticuleuse, exigeante et pointue. Elle fourmille d’anecdotes et de secrets de couloirs de Wall Street et décrypte avec une précision clinique l’apparition, « l’ascension secrète » et l’emprise sur l’économie du pape, si ce n’est du dieu, de la finance. Elle décrit étape par étape comment la finance a profondément muté après 2008, par l’action et au profit de ce qu’elle nomme le « calamar géant » BlackRock, tapi dans les profondeurs du secteur.

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