Une régularisation sous la pression

Il a fallu une mobilisation massive pour régulariser l'apprenti boulanger Laye Fodé Traoré.

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Il aura fallu dix jours de grève de la faim, une pétition avec 220 000 signatures, une médiatisation massive et une tribune adressée au président de la République par un collectif de personnalités telles qu’Omar Sy, Leïla Slimani, Nicolas Hulot, Edgar Morin ou encore Marion Cotillard pour que la préfecture de Haute-Saône daigne finalement régulariser Laye Fodé Traoré. À cause de son entrée illégale sur le territoire, ce Guinéen de 18 ans, mineur isolé à son arrivée en France, était sous la menace d’une expulsion. Et ce, bien qu’il ait commencé depuis deux ans un apprentissage dans une boulangerie de Besançon, où il est devenu indispensable à son patron, Stéphane Ravacley, « scandalisé » par la situation : 

L’État casse le contrat qu’il a passé avec lui. Il le protège pendant des mois et puis plus du tout, du jour au lendemain.

C’est lui qui a mené la lutte pour son apprenti. Malgré l’ampleur de sa mobilisation, ni Gérald Darmanin ni Marlène Schiappa n’ont daigné répondre. Mais son combat a mis une telle pression sur les autorités qu’elles ont été contraintes de prendre une décision de régularisation qui tombait sous le sens. Ponctuelle, celle-ci ne remet cependant pas en question le système qui conduit à ces aberrations. Alors, les mobilisations similaires se multiplient. Dans le Calvados, Amadou Koné, apprenti électricien d’origine ivoirienne, a aussi fini par être régularisé par la préfecture grâce à ses collègues et à son patron, rassemblés sous le mot d’ordre : « Rendez-nous Amadou. » Une façon de dire aux autorités « rendez-nous notre humanité ».


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