Algérie : La flamme du Hirak brille toujours

Un an après leur suspension, les manifestations hebdomadaires du mouvement de contestation du pouvoir reprennent dans plusieurs villes. Mais la mobilisation s’est aussi déplacée.

La menace de la reprise des marches du vendredi mais aussi la crise économique et la pandémie n’ont pas laissé d’autre choix au président Abdelmadjid Tebboune, 75 ans, de retour en Algérie après une deuxième convalescence en Allemagne, que d’accélérer son calendrier. Dans un discours à la nation le 18 février, il a tenté de reprendre la main en rappelant sa décision d’augmenter le salaire minimum (SNMG) et en vantant sa stratégie de lutte contre le coronavirus et la fabrication prochaine du vaccin russe en Algérie. Sur le plan politique, le Président a pris trois grandes décisions : un remaniement ministériel, la dissolution de l’Assemblée populaire nationale et la tenue d’élections législatives anticipées. Enfin, il a prononcé la grâce de plusieurs détenus d’opinion, dontKhaled Drareni, journaliste indépendant, correspondant de TV5 Monde et de Reporters sans frontières, libéré le 19 février après onze mois d’emprisonnement.

« Le pouvoir a peur du retour du Hirak », assure Zaki Hannache, 33 ans, militant des droits humains. Il est loin d’être le seul à considérer ces mesures d’apaisement prises dans la précipitation à l’approche des deux ans du Hirak, le 22 février, comme une tentative d’étouffer un mouvement certes fragmenté, mais devenu un contre-pouvoir. Un anniversaire célébré par des Algériens sortis en masse dans plusieurs villes du pays, bravant d’importants dispositifs policiers. « La marche de Kherrata [ville berceau de la contestation] qui a eu lieu le 16 février, c’était comme en 2019, elle a réuni des citoyens de toutes les wilayas et les personnalités du Hirak comme Karim Tabbou et Mostefa Bouchachi. Cela prouve que le peuple est encore en marche », insiste le trentenaire. Sur son profil Facebook, il poste sans relâche des informations vérifiées sur les arrestations et les libérations des détenus d’opinion grâce à son réseau de lanceurs d’alerte : des avocats et des familles de militants emprisonnés.

Pour Zaki Hannache, l’absence de manifestations, suspendues par les hirakistes eux-mêmes pendant la pandémie, n’a pas signé la fin du Hirak.

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