Qui veut noyer son chômeur…

Nombre de demandeurs d’emploi sont contraints de tourner le dos à leurs véritables projets professionnels, et la réforme ne fera qu’accentuer ce processus. Témoignages.

Dès que le cortège s’avance, le fracas démarre. Les amplis s’éveillent, grésillent, pendant que les tambours roulent en chœur. Des notes cuivrées, métalliques et syndicales montent sur le boulevard de l’Hôpital à Paris, pendant que l’air de « Freed from Desire » se mêle à L’Internationale. -Vendredi 23 avril, la lutte contre la réforme de -l’assurance-chômage s’est jointe à la rage festive du monde de la culture. Si quelques slogans se noient dans les décibels, les pancartes sont parlantes : « Vous sucrez notre chômage pour saler vos profits » ou « Qui veut noyer son chômeur l’accuse d’avoir la flemme ». Lucide. Dans l’assemblée bigarrée, le rejet de la réforme est unanime : tous n’y voient qu’une astuce cruelle pour contraindre les personnes au chômage à prendre le premier poste qui se présente. Pourtant, ces jobs de survie, surgis des fonds de tiroir des agences d’emploi, ne résolvent jamais grand-chose. Pire, ils obstruent parfois l’horizon professionnel.

Loin des rues parisiennes, une réunion s’improvise sur le sujet dans les locaux de l’association Chom’actif_, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Quelques membres – moins de six, évidemment – se retrouvent pour faire le point sur leur situation et échanger sur leurs galères. Évoquer la réforme de -l’assurance-chômage paraît indécent : « On n’avait vraiment pas besoin de ça_, persifle Yves Gueydon d’une voix courroucée. Quand on accompagne les gens, on se rend compte du décalage entre le discours sur les chômeurs qui n’accepteraient pas de travailler et le volume d’emploi réellement disponible. Alors je peux comprendre qu’on soit libéral… mais là, cette réforme ne sert qu’à enfoncer les gens. »

Vingt-cinq ans plus tôt, Yves lançait l’association Chom’actif pour aider et orienter les personnes précaires au chômage. Ayant démarré avec « quelques potes », le groupe rejoint le Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP) et compte aujourd’hui six salarié·es. Depuis l’époque des débuts, l’esprit de la structure a évolué, passant d’un simple lieu de suivi à un espace d’échange et de soutien.

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