1er Mai, fatigué mais solidaire

Dans la capitale, la manifestation du 1er Mai s’est déroulée non sans mal. Les collectifs présents témoignent d’un corps social affaibli et précarisé par les événements de cette année.

Koupaïa Rault  • 3 mai 2021
Partager :
1er Mai, fatigué mais solidaire
© Photos : Koupaïa Rault

Samedi, sur l’éternel parcours parisien République-Nation, défilaient 25.000 personnes (150.000 personnes en France selon la CGT) pour la journée internationale des droits des travailleur·euses. Partis de plusieurs coins de la capitale, les cortèges des occupant·es de théâtres et intermittent·es, des collectifs de sans-papiers, de gilets jaunes, d’étudiant·es, les très nombreux‧ses « street reporters » ou encore le Pink Bloc féministe se sont retrouvés aux côtés des traditionnels cortèges syndicaux.

La manifestation du 1er Mai réunit en son sein les luttes qui animent l’air du temps. Cette année, nombreux·ses sont les militant·es et travailleur‧euses venu·es accompagné·es d’une fatigue presque léthargique. Tous et toutes sont touché·es par les longs mois de la crise sanitaire, une précarisation généralisée, des conditions de travail instables et les passages de lois liberticides comme la loi sécurité globale ou celle sur le séparatisme.

Désaccords, tensions, répression

Ce 1er Mai sera décrit par certain·es comme « taquin mais pas débordant de tensions ». Pourtant, comme trop souvent ces dernières années, le cortège a été considérablement secoué par la violence.

Les gaz, coups, grenades et charges des forces de l’ordre face au cortège de tête ont freiné – pour ne pas dire stoppé – la manifestation pendant plusieurs heures. S’ajoutent à cela 46 personnes interpellées, selon les derniers chiffres communiqués par la préfecture de police de Paris. Étrange accoutumance à l’encadrement musclé des manifestant·es.

L’affrontement entre des manifestants du black bloc et le service d’ordre de la CGT en fin de manifestation est nettement plus inhabituel. Une vingtaine de syndicalistes ont été blessés, selon le communiqué de l’organisation, suscitant de nombreuses indignations syndicales et politiques, et l’ouverture par le parquet de Paris d’une enquête pour « violences volontaires en réunion » et « dégradations en réunion ».

À partir de témoignages partiels, Maxime Reynié, fondateur du site maintiendelordre.fr, a cherché à comprendre le déroulement de cet événement, qui depuis samedi a occulté les revendications de ce  1er Mai, et en a fait un récit détaillé sur Twitter.

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Familya, l’association pro-Stérin qui menace le Planning familial
Enquête 12 mars 2026 abonné·es

Familya, l’association pro-Stérin qui menace le Planning familial

Avec ses cadres issus de la sphère réactionnaire et ses financements catholiques anti-IVG, dont le Fonds du bien commun du milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin, Familya profite des caisses exsangues du Planning familial et de la négligence des pouvoirs publics pour asseoir sa vision conservatrice de la famille.
Par Chloé Bergeret
Associations : l’enjeu oublié des municipales
Enquête 11 mars 2026 abonné·es

Associations : l’enjeu oublié des municipales

Partout en France, des maires se portent au chevet des associations, dont le rôle de lien social est essentiel dans les villes et quartiers populaires. Mais compenser le désengagement de l’État leur est souvent impossible.
Par Lucas Sarafian
Démocratie : « L’éducation populaire a un rôle particulier à jouer »
Entretien 11 mars 2026

Démocratie : « L’éducation populaire a un rôle particulier à jouer »

Présidente de la Ligue de l’enseignement, Hélène Lacassagne alerte sur les risques qui pèsent sur le tissu associatif, pilier de la vie démocratique, et appelle à renforcer son autonomie et sa visibilité.
Par Kamélia Ouaïssa
Quartiers populaires : les associations en danger de « disparition silencieuse »
Analyse 11 mars 2026 abonné·es

Quartiers populaires : les associations en danger de « disparition silencieuse »

Dans les quartiers populaires, elles tiennent à bout de bras les missions que les politiques publiques ne parviennent plus à assurer. Beaucoup redoutent la progression du Rassemblement national, là où la gauche a peu à peu déserté.
Par Kamélia Ouaïssa