Centrale à charbon de Gardanne : le plan social suspendu par la justice

Les 219 salariés menacés de licenciement ont obtenu la suspension de l’homologation du plan social, en attendant un jugement au fond prévu le 12 juillet. Une première victoire, pour ces ouvriers qui se battent depuis 2018 pour la reconversion de leur centrale.

Erwan Manac'h  • 1 juin 2021
Partager :
Centrale à charbon de Gardanne : le plan social suspendu par la justice
© Photo : CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

Coup de théâtre. Alors que les salariés de la centrale électrique à charbon de Gardanne (Bouches-du-Rhône) s’attendaient à recevoir leurs lettres de licenciement à compter du 15 juin, le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise suspend le plan social, dans une ordonnance rendu lundi 31 mai. C’est l’homologation du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), rendue en avril par les services du ministère du Travail qui est gelée en attendant l’audience au fond, prévue le 12 juillet.

Un court répit est donc offert aux salariés, en lutte depuis 2018 et la décision gouvernementale de fermeture des quatre dernières centrales à charbon de l’hexagone. Ils tentent de faire valoir une alternative permettant de reconvertir leurs emplois (transformation de déchets, captation de carbone…), qui n’a pas été retenue par la préfecture.

Malgré un plan de reconversion en centrale à Biomasse, développé avec d’énormes difficultés par Gazel Énergie, l’exploitant de la centrale de Gardanne détenue par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, 219 postes sur les 366 du groupe doivent être supprimés. La CGT estime par ailleurs autour d’un millier le nombre d’emplois indirects impactés dans les Bouches-du-Rhône. Cette décision de justice leur offre une occasion inattendue d’obliger Gazel Énergie à revoir ses projets.

« C’est aussi une décision importante au regard des procédures entourant les plans de sauvegarde de l’emploi. Elle montre qu’il est encore possible d’obtenir leur suspension, ce que les juges refusaient quasi systématiquement depuis 2014 », se réjouit l’avocate des salariés, Judith Krivine. La légalité du plan social ne pouvait ainsi être contestée qu’après que les licenciements aient été effectifs. Dans son ordonnance, le juge des référés relève justement la « conséquence irréversible de la rupture des contrats de travail » pour motiver la suspension du PSE.

Travail Économie
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

En images : le feu de la colère des pompiers
Portfolio • 29 septembre 2026

En images : le feu de la colère des pompiers

Près de 8 000 sapeurs-pompiers ont manifesté à Paris ce mardi 29 septembre. Pétards, fumigènes et cercueils ont accompagné un cortège venu réclamer des moyens pour une sécurité civile sous tension. Reportage photo.
Par Maxime Sirvins
Une chasse aux arrêts maladie abusifs ouverte sur le dos de salarié·es en souffrance
Santé • 25 septembre 2026

Une chasse aux arrêts maladie abusifs ouverte sur le dos de salarié·es en souffrance

Le nombre d’arrêts de travail indemnisés ne cesse de progresser en France, plus 10 % entre 2019 et 2024. Le gouvernement, le Medef et ses alliés de droite y voient des abus. Les médecins généralistes, les syndicats y lisent, au contraire, un profond mal-être des salarié·es.
Par Céline Martelet
Budget : Sébastien Lecornu continue d’attaquer les arrêts maladie et braque la gauche
Santé • 25 septembre 2026 abonné·es

Budget : Sébastien Lecornu continue d’attaquer les arrêts maladie et braque la gauche

Le gouvernement multiplie les annonces sur le dossier brûlant des arrêts de travail. Il compte trouver deux milliards d’euros. Un objectif difficilement acceptable pour la gauche. Les socialistes ont d’ailleurs annulé les réunions prévues cette semaine avec les ministres concernés.
Par Lucas Sarafian
Sous-traitants d’EDF : les sacrifié·es du parc nucléaire français
Enquête • 16 septembre 2026 libéré

Sous-traitants d’EDF : les sacrifié·es du parc nucléaire français

Chaque année, pour faire fonctionner les dix-huit centrales du pays, entre 20 000 et 40 000 sous-traitant·es sont employé·es par EDF pour les activités de maintenance. Une main-d’œuvre indispensable fortement exposée à la radioactivité et trop peu protégée, écoutée.
Par Céline Martelet