« J’ai aimé vivre là », de Régis Sauder : Parmi les autres

Avec J’ai aimé vivre là, Régis Sauder signe un beau film en symbiose avec l’œuvre d’Annie Ernaux et la ville où elle habite, Cergy-Pontoise.

Il y a une actualité Annie Ernaux au cinéma. Alors que L’Événement, adaptation à l’écran du livre éponyme de l’écrivaine, réalisé par Audrey Diwan, vient de recevoir le Lion d’or à la Mostra de Venise, sort aujourd’hui J’ai aimé vivre là, du documentariste Régis Sauder. J’ai aimé vivre là est non seulement un film où résonnent des extraits de textes de l’auteure des Années, mais il en est nourri, irrigué, pénétré. La littérature réussit à Régis Sauder, dont c’est ici le huitième long métrage, puisqu’il avait déjà su, avec Nous, princesses de Clèves (2011), faire d’un classique le terreau d’une belle œuvre cinéma-tographique.

Avec J’ai aimé vivre là, c’est comme si le cinéaste avait introduit une caméra dans les mots d’Annie Ernaux. Mots qui ne sont pas extraits de livres pris au hasard. Il s’agit notamment du Journal du dehors et de La Vie extérieure, où l’auteure se décrit plus que jamais au milieu des autres, où sa subjectivité semble intégrer (sinon se confondre avec) celle des individus qui composent son environnement social. On entend ainsi ce passage : _« Aujourd’hui, pendant quelques minutes, j’ai essayé de voir tous les gens que je croisais, tous inconnus. Il me semblait que leur existence, par l’observation détaillée de leur personne, me devenait subitement très proche. Comme si je les touchais. Si je poursuivais une telle expérience, ma vision de moi-même et du monde s’en trouverait radicalement changée. Peut-être n’aurais-je plus de moi. »

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