Que fait ce gouvernement pour la jeunesse ?

Pourquoi ne cherche-t-on pas à créer un réel service public d’accompagnement de la jeunesse ?

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Après le plan « 1 jeune, 1 solution » mis en place durant l’été 2020, un nouveau dispositif, le revenu d’engagement pour les jeunes (REJ), va être lancé. Loin d’être novateur, ce projet s’inscrit dans la droite ligne des politiques dites d’activation, par lesquelles le jeune signe avec un conseiller un contrat détaillant des droits et des devoirs, et prévoyant des sanctions en cas de non-respect des engagements. Au lieu d’étendre le RSA aux jeunes de moins de 25 ans ou de créer une véritable allocation d’insertion et d’études pour la jeunesse, on choisit non de généraliser la garantie jeunes, mais de créer un dispositif qui y ressemble étrangement. Il est destiné aux « Neet » (Not in education, employment or training), autrement dit aux jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en formation initiale ou professionnelle, avec une durée maximale de dix-huit mois. Mais que fera le jeune ensuite s’il reste sans emploi ? D’autant plus que la réforme du calcul de l’assurance-chômage (que le gouvernement persiste à mettre en place coûte que coûte, malgré la suspension du Conseil d’État de juin dernier) va tout particulièrement toucher les jeunes qui subissent des emplois discontinus.

La mise en œuvre du REJ pourrait être confiée à des opérateurs privés. Habituellement, les dispositifs destinés à l’accompagnement des jeunes sont confiés aux missions locales, des associations qui assurent une mission de service public de l’emploi. À rebours de cette pratique, le gouvernement envisage d’externaliser un dispositif public à une structure privée marchande, alors même que des structures existent déjà et ont fait la preuve de leur expertise en la matière. En lieu et place de cette privatisation de l’accompagnement (déjà en marche pour les chômeurs par le recours à des opérateurs privés de placement, dont l’efficacité a d’ailleurs été questionnée dans de nombreux travaux), pourquoi ne cherche-t-on pas à créer un réel service public d’accompagnement de la jeunesse ?

Au sein du plan « 1 jeune, 1 solution », l’aide de 4 000 euros à l’embauche des jeunes, effective jusqu’en mai 2021, avait pour objectif de diminuer le coût du travail de cette population. Des dispositifs similaires concernant le secteur privé marchand ont déjà été mis en place par le passé. C’est le cas du « soutien à l’emploi des jeunes en entreprise (Seje) », supprimé en 2008 à la suite de critiques de la Cour des comptes, qui relevait notamment un certain nombre d’indices de l’existence d’effets d’aubaine importants. Dans la même lignée, les emplois francs visaient les demandeurs d’emploi résidant dans les quartiers de la politique de la ville. Lancés sous François Hollande en 2013, ils ont eux aussi fait la preuve de leur inefficacité pour l’emploi dans ces quartiers. La mesure phare de ce plan reste l’apprentissage, un dispositif loin d’être nouveau, dont la croissance ne bénéficie pas à ceux qui en ont le plus besoin, les jeunes faiblement diplômés, mais profite aux étudiants du supérieur. Faute de créer des emplois, l’arme de la formation professionnelle est souvent citée, mais n’oublions pas qu’une formation n’équivaut pas à un emploi.

Par Sabina Issehnane Membre des Économistes atterrés.


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