Dossier : Ces jeunes qui popularisent l'antifascisme

Raphaël : « Occuper la rue et l’espace médiatique »

« Notre but est de faire tampon entre notre camp et les groupes d’extrême droite. » Raphaël Arnault

Cet article est en accès libre. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas se financer avec la publicité. C’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance : achetez Politis, abonnez-vous.


Agressé le 9 septembre à coups de canne à sa descente du TGV par des membres du groupuscule néonazi Zouaves Paris qui l’attendaient, Raphaël Arnault venait soutenir au tribunal Thomas Portes, poursuivi par Génération identitaire. « Si j’y suis allé, c’est parce que, de toute façon, j’étais déjà ciblé, car j’étais visible, avec le mégaphone notamment. » Connu de l’extrême droite lyonnaise, Raphaël l’est maintenant sur tout le territoire, avec les inconvénients de cette notoriété. Difficile en effet de le rater quand un cortège de la Jeune Garde Lyon manifeste. Il fait souvent « capo » devant la banderole, à lancer les slogans et les chants.

Porte-parole de la première Jeune Garde, créée en 2018, ce militant a vu évoluer le paysage de l’extrême droite lyonnaise au fil des années. En 2017, après le mouvement contre la loi travail, le Bastion social ouvre un local dans le Vieux-Lyon. Les agressions menées par ce mouvement fasciste se multiplient, à raison « d’une ou deux par semaine », contre des militants antifascistes, mais aussi des personnes racisées ou LGBT. En réaction, la Jeune Garde Lyon se crée, « pour occuper le terrain et faire le lien avec l’ensemble de notre camp social, explique Raphaël. Ça n’était pas possible pour nous qu’à chaque fois qu’il y ait un événement à l’extrême droite ça parte de Lyon. »

La Jeune Garde Lyon s’organise dès le début sur deux axes : la défense des événements organisés par la gauche, « au sens le plus large et unitaire possible », et la réduction des attaques dans des quartiers comme la Croix-Rousse_. « Le but des antifascistes, c’est aussi de faire tampon entre notre camp et les groupes d’extrême droite. » Ce tampon passe par l’occupation de la rue, mais aussi de l’espace médiatique. Raphaël multiplie depuis février les interviews lors d’événements tels que la marche annuelle en mémoire de Clément Méric, mais aussi en réaction à l’actualité, comme après l’attaque d’une librairie anarchiste à Lyon en mars. Son agression parisienne ne l’arrêtera pas : son engagement antifasciste, « c’est pour la vie »__._


Haut de page

Voir aussi

Articles récents

Campagne d’appel à dons

Appel à dons : Politis a besoin de vous !
Consultez la page dédiée à la campagne

YesYes se tient plus que jamais à votre service !

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notifications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.