17 octobre 1961, une honte française

Plusieurs ouvrages reviennent sur ce crime et le difficile travail historique pour en raviver la mémoire longtemps enfouie.

Il aura fallu attendre soixante ans pour que la République reconnaisse ce « crime » du bout des lèvres, sans jamais nommer ceux qui l’ont véritablement perpétré : les agents de la police parisienne, sous les ordres du préfet Maurice Papon. Celui qui, dit-on, a observé des fenêtres de son bureau ses troupes massacrer des Algériens à coups de schlague dans la cour de la préfecture, avant de traverser le quai en portant les corps pour les balancer dans la Seine. Certes, Emmanuel Macron s’est rendu au pont de Bezons, où des Algériens furent aussi jetés à l’eau, pour y déposer une gerbe de fleurs en hommage aux victimes. Mais sans aucun discours officiel prononcé sur place. Seul un court communiqué sur le site de l’Élysée – qui ne comporte même pas le mot « police ». Pas de reconnaissance du massacre raciste de masse, voulu, préparé et ordonné, donc d’un crime d’État. L’Élysée parle d’une « tragédie » et d’« un engrenage de violence ».

Or, si ces faits sont aujourd’hui largement connus et indéniables, on le doit d’abord à un historien, sans poste à l’université, travailleur social, qui s’est battu durant des années pour écrire la vérité des faits : Jean-Luc Einaudi. Fabrice Riceputi a relaté le combat d’Einaudi, sa propre « bataille », pour reprendre le titre de sa Bataille de Paris (Seuil, 1991), qui fut le livre qui raviva la mémoire des faits trente ans après (lire la recension de Laurence De Cock et Mathilde Larrère, Politis, n° 1675, 14 octobre 2021).

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