Calais : Une grève de la faim pour soutenir les exilés

Depuis le 11 octobre, le père jésuite Philippe Demeestère et un couple de Calaisiens trentenaires observent une grève de la faim pour alerter sur le traitement inhumain réservé aux migrants.

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Depuis le 11 octobre, le père jésuite Philippe Demeestère, aumônier du Secours catholique âgé de 73 ans, et un couple de Calaisiens trentenaires, Anaïs Vogel et Ludovic Holbein (photo), observent une grève de la faim pour alerter sur le traitement inhumain réservé aux migrants. La mort de Yasser Abdallah, un Soudanais de 20 ans, fauché par un camion en tentant de rejoindre l’Angleterre dans la nuit du 28 septembre, a été pour eux un électrochoc de trop. D’autant que, dans la journée qui a suivi, ses proches ont été expulsés de leur campement. « La grève de la faim vient redire à toutes les intelligences qui se sont ankylosées, assoupies, ce qui se passe en France. En 2021, dans une démocratie, c’est inacceptable. Il y a quelque chose qui rompt la fraternité humaine. Et en tant que citoyen français, j’ai honte », explique le père Philippe Demeestère à France Info. De son côté, Ludovic appelle les citoyens qui le souhaitent à les soutenir en faisant un jeûne de 24 heures et en postant des messages sur les réseaux sociaux. Les trois grévistes demandent aussi l’ouverture d’un réel dialogue avec l’État, jusqu’ici inexistant ou inopérant.

Du fond de l’église Saint-Pierre de Calais, les trois jeûneurs demandent une trêve hivernale pour les exilés dès le 1er novembre. « Qu’ils puissent demeurer là où ils sont sans qu’on vienne les en chasser matin après matin. Qu’on cesse de leur enlever leurs effets personnels parce qu’au moment de ces évictions, des tentes sont prises, ainsi que des sacs avec des téléphones, et leurs papiers sont saisis », s’indigne le religieux, qui veut attendre le 2 novembre pour décider s’il cesse sa grève ou non. « Le 1er novembre commence la trêve hivernale, donc le 2, je verrai si éventuellement il y a eu deux jours sans éviction et puis je tiens au 2 novembre parce que dans l’Église catholique, c’est le jour où l’on célèbre la mémoire des défunts. Ce sera l’occasion de faire valoir la mémoire de ces plus de 300 personnes qui sont mortes depuis le début du siècle en tentant de traverser la frontière. »

>> En soutien aux grévistes de la faim de Calais, une pétition demande l'arrêt de la maltraitance des personnes exilées


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