Dans les écoles,  « c’est le bazar »

L’Éducation nationale cristallise toute la gestion ubuesque de cette cinquième vague. Partout, les contaminations explosent, les personnels sont débordés. Et les élèves en pâtissent.

N ous ne sommes presque pas mis au courant, il n’y a aucun protocole défini… c’est le bazar », soupire Sandrine, accompagnante d’élève en situation de handicap (AESH) dans la Drôme. Comme la majorité des professeurs, auxiliaires, surveillants et autres adultes des collèges et lycées de France, elle a connu une rentrée difficile. Elle travaille dans une région rurale, « et pourtant on est autant touchés que dans les grandes villes ». Cette reprise scolaire, placée sous le signe de la cinquième vague de covid, est « extrêmement désorganisée » selon Anne, principale d’un collège semi-rural de la région Auvergne-Rhône-Alpes. « Le problème, c’est qu’on ne sait rien à l’avance. Et que tout change chaque jour. » Elle a pris connaissance du protocole sanitaire qu’elle était censée appliquer dans son établissement le 2 janvier, via une interview (en accès payant) donnée au journal Le Parisien par Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale. Ses élèves arrivaient à 8 h 30 le lendemain. Dans ces circonstances, l’adaptation est laborieuse. Et encore plus lorsque les règles changent tous les deux jours : « Il n’y a même pas de protocole défini, explique Sandrine. Ou bien celui qui est défini n’est pas applicable. » Dans son établissement, il n’y a pas de capteurs de CO2, pas de système d’aération adapté, « les élèves ont cours fenêtre ouverte en plein mois de janvier ». Les protocoles pour appliquer les gestes barrières ? Inapplicables sans le matériel adéquat : « Pendant une période, nous avions du gel hydroalcoolique à tous les étages. Mais ça fait longtemps que c’est terminé. Maintenant, on en a juste à l’entrée. »

« On veut bien pousser les enfants à se tester, mais on n’a pas d’autotests. On veut bien vérifier que les salles sont aérées, mais il n’y a que deux capteurs de CO__2 pour tout le collège, et aucun purificateur d’air », déplore Simon Duteil, porte-parole de l’Union syndicale Solidaires et professeur au collège Elsa-Triolet en Seine-Saint-Denis. La semaine dernière, son établissement a exercé son droit de retrait face à la situation, devenue catastrophique : plus d’une dizaine d’enseignants absents, des dizaines de cas par jour parmi les élèves, le bureau de la vie scolaire « décimée » avec 9 absents sur 13. « Et encore, le rectorat failli ne pas nous laisser exercer ce droit. Cela s’est déjà produit une fois où 35 adultes avaient contracté le covid, dont la direction, le conseiller principal d’éducation [CPE], une partie de la vie scolaire. » Le collège avait dû rester ouvert.

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