Énergie : Le charbon à la rescousse

Pour éviter un black-out électrique en plein hiver, le gouvernement français a décidé de solliciter davantage les deux dernières centrales de l’Hexagone.

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Les centrales à charbon reviennent en grâce alors que leur sort semblait scellé. Pour éviter un black-out électrique en plein hiver, le gouvernement français a décidé de solliciter davantage les deux dernières centrales de l’Hexagone : celle de Cordemais (Loire-Atlantique) et de Saint-Avold (Moselle). La loi énergie-climat, entrée en vigueur ce 1er janvier, prévoit pourtant de plafonner leurs émissions de CO2 en limitant leur fonctionnement à 700 heures en 2022. Un projet de décret est donc en cours afin qu’elles puissent produire de l’électricité pendant 1 000 heures en janvier et en février.

L’approvisionnement électrique du pays est sous tension, particulièrement à cause de l’état actuel du parc nucléaire, principal fournisseur d’électricité. « Cette situation a été accentuée par des épisodes de faible production éolienne au cours de ces derniers mois, mais surtout par l’indisponibilité simultanée de nombreux réacteurs nucléaires. La disponibilité d’ensemble du parc se situe ainsi, depuis plusieurs semaines, en deçà des minima historiques », a précisé RTE, le gestionnaire national du réseau de transport d’électricité, dans sa note de vigilance du 31 décembre. En effet, des opérations de maintenance – retardées à cause de la situation sanitaire – ont lieu actuellement. Les réacteurs des centrales de Chooz (Ardennes) et de Civaux (Vienne) sont également à l’arrêt à cause d’anomalies.

Le gouvernement clame que cette mesure est exceptionnelle et que cela ne remet pas en cause la fermeture des deux centrales à charbon, prévue en mars 2022 pour Saint-Avold et en 2024 pour -Cordemais. Certes, cela ressemble à un pansement bricolé en urgence face à de potentielles vagues de froid. Mais c’est surtout la preuve que les bases de la transition énergétique ne sont toujours pas acquises. Le Réseau action climat souligne le « manque d’anticipation, que ce soit pour le déploiement des renouvelables ou pour les potentielles économies à travers la maîtrise de la demande ou l’efficacité énergétique ».


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