La Primaire populaire, au bout du fiasco

Samedi 5 mars, le conseil d’administration de la Primaire populaire a décidé d’apporter son soutien à l’Union populaire de Jean-Luc Mélenchon.

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La frivolité de ces sans-souci qui craquent les restes d’un héritage inattendu dans une ultime fête a de quoi laisser pantois. Samedi 5 mars, le conseil d’administration de la Primaire populaire a décidé d’apporter son soutien à l’Union populaire de Jean-Luc Mélenchon. Une conclusion en fanfare, à la hauteur d’une série d’embardées obstinées.

Le processus était né d’une très sympathique ambition : contraindre les partis politiques de la gauche et de l’écologie, qui s’en montrent impuissants, à jouer collectif, sous les acclamations d’un vaste mouvement citoyen.

Une initiative plombée dès le début : les chef·fes à plume prennent l’initiative de haut. Mélenchon le premier, qui avait déjà tranché en faveur de sa propre stratégie mouvementiste (derrière lui). La Primaire populaire s’en accommode et bricole. Le processus de désignation a retenu des poids lourds qui le récusent (Mélenchon, Jadot puis Hidalgo). Peu importe, on votera quand même. Fin janvier, Christiane Taubira l’emporte, dans un succès cousu de fil blanc. Nouvelle illusion prévisible : la candidate de la dernière heure ne s’avérera jamais en capacité d’être « de rassemblement », condamnée à n’être qu’« une de plus ». La Primaire populaire se fait toute petite. Le 4 mars, Taubira n’a obtenu que 274 parrainages sur les 500 nécessaires. Fin de partie ? Toujours pas. La Primaire populaire donne un dernier coup de barre en se prononçant en faveur de l’Union populaire, « meilleur véhicule politique pour faire gagner nos idées ».

Les décisionnaires tentent de s’expliquer dans une conférence vidéo lunaire : en coulisses, mi-février, la Primaire populaire s’est transformée en une association dotée d’une nouvelle gouvernance. Cet appel au « vote utile » n’engage pas les 470 000 inscrits, qu’il n’était pas techniquement possible de consulter. Ingénuité ? Manipulation ? De la pire espèce, quoi qu’il en soit. C’est le tollé sur les réseaux sociaux, devant une méthode « vieille politique » tellement honnie par la Primaire populaire des débuts : usurpation de légitimité, décision discrétionnaire, puisque c’est d’ailleurs Jadot qui était arrivé en deuxième position du vote de désignation. Mathilde Imer, l’une des deux porte-parole, se retire devant « l’incohérence ». Une trentaine de personnalités proéminentes, enthousiastes au départ, condamnent très sévèrement la décision du 5 mars et en demandent l’annulation, redoutant un rejet durable des initiatives citoyennes dans le champ politique, avec un impact « extrêmement négatif » sur la restructuration des forces de gauche et de l’écologie : par-delà l’échec, c’est désormais le saccage qui est déploré.


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