« Grand remplacement » : mortelle paranoïa

Le terroriste de Buffalo se dit « inspiré » par les thèses conspirationnistes du « remplacement par l’immigration » et du « génocide blanc ».

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Une attaque meurtrière a touché la ville de Buffalo (État de New York) le 14 mai. Payton Gendron, un suprémaciste blanc de 18 ans, y a tué dix personnes et blessé trois autres. Parmi les victimes : onze Afro-Américains. La motivation raciale derrière ce crime ne fait pas de doute. Le mot « nigger » était peint en blanc sur le canon de son arme d’assaut.

Payton Gendron est poursuivi pour meurtre avec préméditation avant que le FBI n’ouvre une enquête pour crime à motivation raciale. Peu avant son passage à l’acte, le jeune homme a publié en ligne un manifeste de 180 pages dans lequel il fait référence aux attentats de Christchurch (Nouvelle-Zélande) en 2019 et en Caroline du Sud en 2015, perpétrés par d’autres suprémacistes blancs. D’après des médias américains, le terroriste se dit « inspiré » par les thèses conspirationnistes du « remplacement par l’immigration » et du « génocide blanc ». Un discours de haine « qui se propage comme un virus », selon la gouverneure de l’État, Kathy Hochul.

De l’autre côté de l’Atlantique, le variant européen circule également. L’apparition de cette croyance paranoïaque remonte à plusieurs décennies, mais le terme « grand remplacement » apparaît en 2011. La contamination a été initiée par Renaud Camus, qui revendique la paternité de l’expression dans un ouvrage du même nom. Un temps reléguée à d’obscurs forums d’extrême droite, cette théorie complotiste s’est peu à peu installée dans le débat public. Malgré sa présence dans les manifestes de plusieurs terroristes ces dernières années, certains politiques continuent de la défendre, à l’instar d’Éric Zemmour.


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