La frontière comme lieu d’enfermement

Dans les gares, les ports et les aéroports, des milliers de personnes sont enfermés chaque année dans les zones d’attente. Politis a eu accès à ces lieux opaques, aux frontières de la légalité.

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La frontière comme lieu d’enfermement
© Mélodie Taberlet

En 1992, il y a tout juste trente ans, la loi Quilès vient encadrer la privation de liberté des personnes étrangères aux frontières en créant les zones d’attente. Des lieux de rétention aux allures de prison, situés dans les gares, les ports et les aéroports internationaux, où sont enfermées chaque année des milliers de personnes, sur la base de critères opaques. Des lieux où l’exercice des droits les plus fondamentaux est souvent rendu impossible et où les violences s’exercent à l’abri des regards. Mais documenter les zones d’attente est une chose complexe. Parce que les autorités sont peu enclines à répondre aux questions concernant leurs pratiques, mais aussi parce que les personnes retenues sont majoritairement refoulées en moins de 72 heures, bien souvent sans avoir eu le temps de prendre contact avec qui que soit.

Pourtant, à l’heure où le droit européen s’apprête à réformer les politiques migratoires européennes en systématisant l’enfermement aux frontières de l’espace Schengen, documenter ces espaces, et les dérives qui y sont permises, revêt un caractère urgent. Alors, pour comprendre les raisons et l’organisation de l’enfermement, Politis s’est rendu dans les zones d’attente de Strasbourg, de Marseille et de Paris-Orly, ainsi qu’à la frontière franco-italienne, où les lieux de rétention continuent de fleurir, en dehors de tout cadre légal.

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