Visa pour l'image, le RN et la liberté d’expression

Le maire RN de Perpignan, Louis Aliot, a inauguré la 34e édition du festival de photojournalisme. Le comble du cynisme, son parti n'hésitant jamais à attaquer les journalistes.

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V isa participe à faire de Perpignan la capitale de la liberté d’expression. » C’est par ces mots que Louis Aliot, maire Rassemblement national de Perpignan, a inauguré la 34e édition de Visa pour l’image, samedi 27 août. Chaque année, ce festival annuel du photojournalisme attire et récompense les grands noms du métier.

Or, depuis l’élection du maire RN en 2020, Visa est le théâtre d’un drôle de manège. Bien des photographes rongent leur frein en écoutant l’édile encenser la liberté d’expression. Celui-là même qui avait traité de « pute » une journaliste de L’Indépendant, Frédérique Michalak, en 2014. Son ode sournoise est partagée par Xavier Baudry, conseiller régional RN et adjoint à la mairie, proche du GUD. Un mouvement violent, dissous en 2017, bien connu pour sa passion de la libre opinion. Enfin, surtout la sienne, et plutôt avec les poings.

En effet, si Louis Aliot chante la « liberté d’expression », son parti et ses militants n’hésitent pas à malmener les journalistes. Lors de la dernière campagne présidentielle, dans un meeting du RN, une reporter de France Bleu Creuse a été agressée par un militant. Le parti « décide » d’ailleurs qui est journaliste et refuse d’accréditer certains médias.

La thématique de la liberté d’expression est un leitmotiv de l’extrême droite, utilisé précisément pour se plaindre d’en être privé.

Comme l’émission « Quotidien », chez qui « il n’y a pas de journaliste », selon Marine Le Pen – ancienne compagne de Louis Aliot –, qui appuie son refus ainsi : « C’est moi qui décide, je suis chez moi. » En mai 2021, provoquant l’indignation de l’ensemble de la profession, elle veut que la France « sorte de la Cour européenne des droits de l’Homme » après la censure, par le Conseil constitutionnel, de l’article de la loi « sécurité globale » qui visait à sanctionner la diffusion d’images de policiers.

Vision intéressante de la « liberté d’expression » pour un parti qui crie au scandale quand ses contenus incitant à la haine sont supprimés par les réseaux sociaux. Force est de constater que la thématique de la liberté d’expression est un leitmotiv de l’extrême droite, utilisé précisément pour se plaindre d’en être privé. Elle serait entravée dans sa parole. On n’entend pourtant qu’elle ! Mais qui est encore dupe de cet amour opportuniste et éphémère ?

Peut-être Jean-François Leroy, directeur de Visa pour l’image, qui serre la main du partenaire municipal, l’applaudit et le guide durant sa visite. En 2020, pour sa première participation en tant que maire, Louis Aliot avait même eu le droit et l’audace de distribuer le prix Rémi-Ochlik, du nom du photographe de guerre français tué en Syrie, en 2012, lors d’un bombardement de… Bachar El-Assad. Le dictateur syrien que Marine Le Pen soutient pourtant sans équivoque.


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