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Publié le 8 août 2010

Une histoire de sondage …

… et de sotte censure. Dans la torpeur de l'été.

Même quand on a pour règle de se méfier des sondages d’opinion, il en est qui laissent songeur …

Illustration - Une histoire de sondage … Illustration - Une histoire de sondage …

Le dernier Ifop- Le Figaro , par exemple, qui porte sur l’appréciation des diverses mesures de sécurité claironnées par le PPR 1 avant qu’il ne prenne ses quartiers d’été en la somptueuse demeure de belle-maman, au Cap Nègre.

Il faut reconnaître que l’institut favori de l’Elysée (arrosé généreusement avec l’argent de nos impôts) et le quotidien officiel de la Sarkozie (sous la direction obséquieuse de Papy Mougeotte) ont fait très fort pour contribuer à la manœuvre de diversion destinée à enterrer l’affaire Woerth-Bettencourt et consorts et offrir ainsi sur un plateau de belles vacances au rodomont de la République …

Qui peut donc croire que les mesures annoncées, qui provoquent le juste courroux de l’ensemble des partis, syndicats et associations attachés aux valeurs républicaines et aux droits de l’homme (et dont la plus spectaculaire — la déchéance de la nationalité — sera probablement retoquée par un Conseil constitutionnel plus sourcilleux que Kozy et sa clique) suscitent l’adhésion d’un tel pourcentage de citoyens (jusqu’à 89 % pour certaines !) ?

Comment peut-on penser que, par exemple, 64 % des électeurs de Besancenot sont soudainement touchés par la grâce sécuritaire au point d’approuver l’instauration d’une peine incompressible de 30 ans pour certains crimes ; ou encore que 53 % des électeurs des Verts applaudissent à tout rompre à « la mise en place de 60 000 caméras de vidéo-surveillance d’ici à 2012 » ?

Trop, c’est trop. Et ce sondage pue.

Comme l’écrit l’ami Lucky sur son blog : « Un sondage incroyable qui présente un visage exécrable de la France destiné à nous humilier, à nous sidérer, et à nous décourager en nous croyant isolés. »

Tel autre ami d’amis (il souhaite rester anonyme, appelons le Pierrot) raconte l’incroyable censure dont il a été victime en voulant publier un commentaire sur le site du quotidien en question, bien que n’ayant rien écrit de choquant ou de répréhensible.

Voici le message refusé ( "modéré" , comme disent les policiers de la pensée du quotidien) :

*« J'ai 67 ans, je suis de gauche, non encarté, plutôt keynésien que
marxiste, de sensibilité libertaire et accessoirement athée. Je suis
aussi très tolérant et je ne prétends pas détenir la vérité, donc
l'existence d'un journal de droite comme le Figaro ne me gêne pas,
elle est même nécessaire pour une pluralité de l'information qui est
une des bases de la démocratie.

« Mais peut-on tout dire ou tout faire dire dans un journal ? Je pense
qu'il n'y a pas de règle, le choix doit se faire à l'aune de
l'expérience, de l'histoire et des conséquences de l'usage qu'on a pu
faire dans le passé de la liberté d'informer. Elles ont pu être
tragiques.

« Nul doute que certains organes de presse ont souvent été acteurs de
l'acceptation et de la défense d'idées nauséabondes mises en oeuvre
par les grandes dictatures du XXe siècle ou défendues chez nous par
des mouvements crypto-fascistes.

« Le Figaro a visiblement manqué de discernement, et le mot est faible,
en suscitant et en publiant ce sondage. Plus grave, pour ce qui
concerne la liberté de la presse, il s'est comporté comme une espèce
de Pravda "courroye de transmission" (comme on dit maintenant) du
pouvoir en place.

« Ce qui est encore plus inquiétant, c'est que ce sondage est de nature
à installer un climat pré-fasciste...voir l'histoire du siècle
passé... Il faut préciser qu'en plus, les mesures xénophobes qui en
ont été le prétexte n'auront sans doute aucune efficacité comme les
dizaines d'autres de même nature qui les ont précédées. On a juste
fait un pas de plus dans l'ignominie.

« Il ne faudrait pas non plus tomber dans l'angélisme, problème il y a,
donc nécessité d'y apporter des solutions mais elles doivent être
conformes à l'esprit de notre démocratie, de notre République et des
trois mots de sa devise qui font l'honneur de notre pays.

« Cordialement. »*

J’ai bien connu Mougeotte autrefois,
Illustration - Une histoire de sondage …

et je ne pense pas qu’il soit devenu assez con pour exercer une censure aussi idiote ; d’autant qu’il était bien évident que l’histoire allait circuler et qu’elle ridiculise le censeur …

C’est l’été, les vacances — comme dit une chanson d’antan ; et sans doute faut-il voir-là l’excès de zèle de quelque subalterne ?


  1. Petit Père des Riches 


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