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Publié le 5 décembre 2012

Le typhon philippin s'invite à la conférence climatique de Doha

Le point presse de Pascal Canfin et de Delphine Batho souligne le peu de progrés des discussions

Au cours de leur premier point presse, mercredi 5 décembre, Delphine Batho, Pascal Canfin et Serge Lepeltier, ambassadeur du Climat du gouvernement français se sont affirmés relativement optimistes sur les résultats de la réunion, alors que de la conférence se termine vendredi soir avec possible prolongation dans la nuit. C’est évidemment leur métier d’être confiants. Bien que ni la question du renouvellement du protocole de Kyoto, le seul outil contraignant pour les pays industrialisés, ni la question du Fond Vert destiné à aider les pays les plus pauvres et les plus vulnérables ne sont pas résolus.

En privé, des membres de la délégation française se montrent beaucoup moins optimistes, regrettant que tous les points soulevés dans les discussions se trouvent immédiatement englués dans d’autres discussions et des agendas qui consistent à renvoyer les solutions à d’autres conférences. Notamment à celle de 2015 qualifiée de définitive et décisionnelle par les deux ministres qui ont rappelé que la France était candidate à son organisation. L’Europe ne s’y opposant pas, la décision de principe pourrait être prise rapidement. Ce qui est certain, c’est qu’un tel événement à Paris permettrait de réunir plus d’associations environnementales. Lesquelles brillent par leur absence à Doha où la « manifestation » organisée il y a deux jours dans le centre ville a réuni quelques centaines de personnes.

Le lieu français de cette réunion mondiale n’a pas encore été fixé mais un participant à ce point presse a suggéré que le bâtiment nécessaire à sa tenue pourrait avantageusement se substituer au futur aéroport de Notre Dame des Landes. Un projet dont le sénateur vert Ronan Dantec, également présent à Doha, pense qu’il pourrait être reporté aux Calendes Grecques faute d’argent et de consensus : « à chaque fois que les Bretons se sont mobilisés en masse, le pouvoir a finalement reculé. François Mitterrand et Lionel Jospin en ont donné à plusieurs reprises l’exemple ».

Au cours de ces explications en petit comité, Pascal Canfin a également déclaré que la France donnait l’exemple en matière d’aide à la lutte climatique aux pays les plus pauvres : six milliards d’euros pour les énergies renouvelables. En prenant comme exemple le typhon qui est en train de ravager les Philippines il a aussi ajouté: « devant les manifestations récentes du réchauffement de la planète, personne ne comprendrait qu’il ne se passe rien ici. Nous n’avons par le droit d’être pessimiste et il nous faut agir ». Tout en précisant que la seule décision de l’Europe qui ne représente que 13% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, ne serait pas suffisante et qu’il fallait que d’autres pays respectent leurs engagements. Pour sa part, la ministre de l’écologie, fidèle à son langage technocratique, a surtout évoqué le détail, souvent incompréhensible et éloigné des réalités, des négociations de marchands de tapis qui se déroulent depuis deux jours. Et Pascal Canfin a ajouté à propos des engagements de la France et de l’Europe: « le problème n’est pas d’être le premier de la classe mais d’augmenter le niveau moyen de la classe ».

Il ne reste de cette rencontre qu’une seule certitude : la France renouvelle son engagement dans le Protocole de Kyoto, la ministre de l’écologie a été claire sur ce point. Mais la perspective d’une prochaine réunion en Pologne en 2013, le pays qui paralyse actuellement les décisions de l’Europe sur le climat, n’est pas plus encourageante que les réunions de Cancun et de Doha, deux villes donnant l’exemple d’un gaspillage énergétique insupportable quand on pense aux centaines de victimes que déplorent actuellement les Philippines.

Illustration - Le typhon philippin s'invite à la conférence climatique de Doha


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