blog /

Publié le 5 mars 2014

Et toujours, l'Ukraine, la Crimée, la Russie et la liberté des peuples...

None

Ceux qui considèrent avec indulgence ou compréhension l’occupation de la Crimée, pourtant partie intégrante (et autonome) de l’Ukraine , ceux qui se piquent de géopolitique pour justifier l’occupation de cette région par l’armée de Vladimir Poutine, devraient se poser plusieurs questions ; et réfléchir sur les conséquences de la faiblesse de la réaction européenne et sur les projets d’expansion territoriale de la Russie ; plutôt que de traiter les révoltés ou révolutionnaires de Kiev ou de Lviv de néo-nazis ou de fascistes et de fantasmer sur les éternelles mains de l’Otan et des Etats Unis dans le soulèvement des Ukrainiens de l’Ouest et du Centre, il faut examiner un passé récent ...

-Que font les forces russes dans la République moldave du Dniestr, plus connue sous le nom de Transnistrie ? Pourquoi, depuis des années ce mini-Etat est-il séparé de la Moldavie? Les militaires de Poutine maintiennent par la force, contre la volonté du gouvernement de Moldavie, un régime d’occupation. Une caricature, j’y suis allé voir, de ce que pouvait être le régime soviétique des années 70. Nul ne reconnait cet « Etat » et pourtant il perdure avec la protection des Russes.

-L’armée et le pouvoir russe ont conquit la république autonome d’Abkhazie aux dépends de la république de Géorgie dans les années 90. La plupart des pays, à commencer par l’Union européenne, a protesté. Résultat ? Cette Abkhazie a été déclaré une indépendance qui l’intègre de fait à la Fédération de Russie, un des cinq pays qui reconnaissent cet Etat.

-Au mois d’août 2008, « à la demande pressante de ses habitants » (un vieux classique d’envahisseurs), la Russie a envahi pour la deuxième fois l’Ossétie du Sud et livré une courte guerre meurtrière à la Géorgie. Avec le cortège habituel, comme pour l’Abkhazie, de camps de réfugiés qui existent toujours. L’Europe et la France ont protesté, le président Sarkozy a envoyé son pompier de l’époque, Bernard Kouchner pour négocier un accord jamais respecté. La Russie a promis de se retirer. Son armée est toujours présente et l’Ossétie du sud a proclamé une indépendance qui équivaut à une intégration de fait dans la Fédération de Russie. Aucune des concessions et garanties qui avaient été donné à l’Europe, à la France et aux Etats-Unis n’ont été suivies d’effet.

-Chacune de ses conquêtes-occupation a été précédée, comme en Crimée, d’une distribution de passeports russes.

-La « démocratie » russe protège, avec son armée, les républiques d’Ouzbékistan, du Kazakhstan et du Turkménistan, toutes les trois vivant sous un régime dictatorial. Avec emprisonnement et assassinats des opposants que la presse contrôlée ne peut dénoncer.

-Les Russes et russophones de Crimée, mettent à profit la présence des militaires russes pour remettre en cause les droits de Tatares de Crimée (12 % de la population) qui avaient été (comme le Tchétchènes) exilés par Staline et qui ont obtenu le droit de retrouver leur pays et une partie de leurs terres. Les russophones profitent de la protection des hommes de Poutine pour remettre en cause leurs droits et reprendre une partie des terres qu’ils avaient récupérées.

-Protectorat russe de fait, l’Arménie maintient depuis des années son annexion d’une partie du territoire de la République d’Azerbaïdjan (qui n’est pas un modèle de démocratie), le Nagorny Karabakh. Tant que l’Arménie sera sous la domination russe, c’est Poutine qui décide de l’avenir de cette province, quel que soient les « protestation » occidentales.

-Alors, on peut craindre que , d’ores et déjà, la Crimée soit promise à une occupation russe puis à une annexion de fait.


Haut de page

Voir aussi

Articles récents

Campagne d’appel à dons

Appel à dons : Politis a besoin de vous !
Consultez la page dédiée à la campagne

YesYes se tient plus que jamais à votre service !

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notifications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.