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Publié le 15 avril 2014

Ukraine: le soutien incompréhensible d'une partie de l'extrême gauche à l'action des commandos russes

Il devient vraiment de plus en plus difficile à une partie de l’extrême-gauche française de présenter la Russie comme une victime potentielle des « fascistes ukrainiens » et Poutine, « certes détestable sur bien des points » , comme le chevalier blanc « des peuples slaves déterminées à disposer de « leur liberté de choisir leur nation » . Le plus curieux est d’entendre l’authentique fasciste (désormais déguisée) Marine Le Pen tenir le même type de raisonnement et tresser une couronne de martyr à Vladimir Poutine. Que ceux qui en doutent comparent les déclarations des uns et des autres. Les insultes reçues par Politis à propos de ce qui se passe en Ukraine, ne peuvent pas changer la réalité des faits, de leurs causes et de leur déroulement. Loin des complots fantasmés sur le rôle de l’Otan et des Etats Unis. Quelles que soient les analyses que l’on peut en faire sur le passé, le destin et l’avenir d’un pays plus grand que le France et abritant encore 45 millions d’habitants, mais que nul ne songe intégrer à l’Union européenne.

Car, comme le raconte l’article « Une population plus inquiète que mobilisée » du numéro de Politis paraissant ce jeudi 17 avril, il faut faire preuve d’une belle dose d’aveuglement ou de mauvaise foi pour affirmer que si l’Ukraine est peut-être sur le point de vivre la guerre civile que tout le monde redoute depuis des semaines, c’est la faute du gouvernement ukrainien et des supposés néo-nazis maitres de la place Maidan et du gouvernement de Kiev.

La plupart des immeubles officiels ou des commissariats de police de l’Est ukrainien depuis lesquels des assemblées hâtivement rassemblées lancent des appels à l’aide de la Fédération de Russie, ont d’abord été occupés par des petits groupes armés qui sont intervenus aux mêmes moments dans une douzaine de villes. Avec plus ou moins de succès. Rien à voir avec un complot de, au choix, l’Otan, A l’Europe ou des Etats Unis. La probabilité que ces soldats ne portant ni insignes, ni grades mais lourdement armés soient d’origine russe et en provenance, pour une part d’entre eux, de Crimée et d’autres de garnisons de provinces russes est forte. Leurs équipements, leurs moyens de communications, les accents de certains d’entre eux, les rares confidences saisies au vol et les inscriptions sur leurs rations de combat, tendent à prouver qu’ils sont russes. Sans discerner la suite des événements, sans qu’il soit encore possible de prévoir une invasion des militaires russes franchissant la frontière pour venir au secours de leurs frères, cette réalité n’est plus niée par les journalistes de tous les pays présents sur place. Mais leur problème c'est que souvent à la recherche du sensationnel ils prennent la situation pour une guerre. Ce qu'elle n'est pas pour l'instant: juste une belle opération de communication réussie pour Vladimir Poutine.

Si les commandos ont pu simultanément, prendre le contrôle d’un certain nombre d’immeubles stratégiques, ils ne sont pas arrivés à pied. Mais, en général à bord de véhicules blindés légers sur roues ne portant aucune immatriculation, certains ayant de toute évidence fraichement repeints pour y effacer toutes les marques distinctives. Le plus drôle, façon de parler, étant que parfois, le minuscule drapeau russe qui figure en général à l’arrière du véhicule, a été oublié par les peintres militaires…

Mais l’essentiel est probablement ailleurs, au delà de ce qui peut être considéré comme une provocation, une incitation à la révolte. Les foules qui se rassemblent en soutien aux barricades érigés par des militants abusant souvent de la boisson locale, sont clairsemées. Devant les bâtiments occupés, là où se rédigent les « appels à l’aide », il n’y a pas grand monde. Le décor mis en place à l’imitation de Maidan à Kiev ou à Lvov dans l’Ouest de l’Ukraine, n’est pas envahi par la foule. Pas plus d’ailleurs que n’éclatent de vigoureuses protestations contre la revendication de devenir Russe. La population, ignorant souvent les événements qui se déroulent dans le centre des villes de l’Est, reste indifférente. Elle se préoccupe surtout de l’augmentation des prix sur les marchés et dans les magasins ; et elle constate que la monnaie ukrainienne, le hyvnia, perd chaque jour de sa valeur. Tout comme le rouble dont les habitants de Crimée commencent à regretter la mise en place. L’Euro et le dollar devenant un refuge pour les plus riches…

Au cours des prochains jours, les autorités provisoires de l’Ukraine risquent de devoir affronter des combats que ni les habitants de l’Est ni le reste du pays ne souhaitent vivre. De quoi inciter les troupes russes massées à la frontière à intervenir en franchissant une frontière que les forces ukrainiennes paraissent, a priori, impuissantes à arrêter. Ce qui transformerait une révolte de la majorité des Ukrainiens pour changer leur pays et le règne de la corruption en tragédie aux conséquences imprévisibles. Sans oublier le sort des Tatares déjà victimes de harcèlements racistes en Crimée et les envies du Kremlin de prendre possession, par l’Ukraine, de l’enclave « soviétisée » des 4000 kilomètres carrés de la Transnistrie, la partie « indépendante » de la Moldavie où l’armée russe est présente depuis le début des années 90.


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