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Publié le 24 juillet 2014

Les grands circuits de distribution se préparent à étrangler les paysans

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La presse et les milieux économiques bruissent depuis quelques jours, des négociations en cours entre les centrales d’achat de Carrefour, de Leclerc, d’Intermarché et d’Auchan, le monde agricole, les PME, les petits producteurs artisanaux et les industriels de la bouffe. La plupart des articles parus, expliquent que le bras de fer, aboutirait en fin de compte, sans prendre le moins recul et en recopiant les communiqués de la grande distribution, à une baisse des prix pour le consommateur.

Mais l’entente, (innocemment ?) signalée il y a quelques semaines, par l’hebdomadaire LSA (Libre Service Actualités) vise à une toute autre finalité. Dans une saison qui est et sera marquée par une abondance des fruits et légumes liée au printemps précoce et aux températures clémentes, les centrales d’achat ont mis au point une tactique commerciale visant de nombreux agriculteurs, avec la complicité de la FNSEA dont le rôle principal consiste à d’abord protéger les producteurs de céréales, de maïs et de tournesol, pour obtenir qu’ils baissent rapidement leurs prix. Alors que nombre d’entre eux sont déjà à la limite d’une rupture économique, situation qui est notamment celle des maraichers. Sommés de « solder » leurs productions ils vont se trouver dans quelques jours face à des hypermarchés qui ont pour consigne de baisser les prix aux dépends des producteurs. Si les fournisseurs résistent aux ukases de la distribution, consigne a été donnée de les « déférencer », c'est-à-dire de refuser leurs produits.

Les mêmes consignes, qui émanent d’un véritable « Comité Central » qui siège en permanence à Ivry-sur-Seine dans le Val de Marne valent pour les petits producteurs régionaux spécialisés dans la charcuterie de qualité et les conserves. Dans ce huis-clos sont regroupés toutes centrales d’achat qui font ensuite semblant de se livrer à la concurrence. Grâce à des comparateur de prix sur lesquels les clients potentiels ne peuvent pas comparer grand-chose tant ces « outils » sont conçus pour embrouiller les consommateurs.

A tous ceux qui le peuvent, il reste une seule solution pour sauver les petits agriculteurs et les petits artisans de la conserve : acheter à la ferme et sur les marchés de producteurs. Car si la grande distribution réussit une nouvelle fois son coup en dépit des fausses mesures préparées par le ministère des finances, le secrétariat d’Etat à la Consommation, c’est la diversité de la production agricole française qui subira un nouveau recul. Au profit des industries agro-alimentaires et des circuits de distribution qui s’apprêtent à entonne le vieux refrain de « l’intérêt des consommateurs ».


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