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Publié le 22 janvier 2015

"Assouplissement quantitatif" : le saut de la mort de la BCE (et du système)

22 janvier 2015 : la Banque centrale européenne (BCE) vient de craquer et de céder à son tour à l'urgence de la planche à billets. En termes techniques, on appelle ça un "Quantitative Easing" (QE), en français "assouplissement quantitatif". C'est-à-dire le dernier saut de la mort du système financier.

Illustration - "Assouplissement quantitatif" : le saut de la mort de la BCE (et du système)

En gros, un QE consiste pour une banque centrale à racheter les dettes d'États pour tenter de relancer leurs économies en injectant un flot de liquidités. La BCE vient donc de décider d'acheter des dettes d'État à concurrence de 60 milliards par mois de mars 2015 à septembre 2016, soit une injection ahurissante de 1140 milliards d'euros .

Le problème c'est que les précédents QE commis par d'autres banques centrales n'ont strictement servi à rien. La Fed américaine en est à son troisième et vient néanmoins d'annoncer qu'elle allait devoir continuer son soutien à l'économie US pendant une période « considérable ». Celui de la BoJ japonaise s'est terminé en récession. Quant au QE massif effectué par la Banque d'Angleterre, son échec est reconnu par son ex-gouverneur, Mervyn King :

« Nous avons eu la plus grande stimulation monétaire que le monde n'ait jamais vu, et nous n'avons toujours pas résolu le problème d'une demande trop faible. L'idée que ce stimulus monétaire portera ses fruits au bout de six ans est selon moi une erreur. »

Les trois grandes étapes d'un effondrement systémique

Le problème, c'est qu'en fait plus rien ne marche, ni les politiques d'austérité, ni les politiques de relance. Pas plus les QE que les autres outils à discrétion des banques centrales. En 2011, la BCE a prêté 1000 milliards d'euros aux banques privées. Aucun n'a été redirigé vers l'économie réelle. En 2013, la BCE a récidivé en proposant 400 milliards aux banques, mais avec cette fois des contraintes dans l'utilisation de ces prêts. Les banques ont préféré dédaigner l'offre et seuls 80 milliards ont à ce jour été utilisés.

Le problème aujourd'hui, ce n'est plus telle ou telle politique, telle ou telle injection massive de liquidités, mais l'état général de la machine, c'est-à-dire du système lui-même, pourri au cœur.

En réalité, les banques centrales sont l'ultime rempart d'un système avant son effondrement, la dernière étape avant paralysie fatale. Résumons les trois grandes étapes successives de la Grande crise financière entamée en 2008 :

- la faillite du système financier privé , sauvé in extremis fin 2008 par les États ;
-
des États rincés par l'aide qu'ils ont accordée pour sauver les banques privées en déroute et par leurs efforts pour réduire une dette publique irrirréductible ;
-* des banques centrales transformées en "bad banks" pour sauver des États financièrement asphyxiés.

Le dernier rempart du système va donc assurément s'écrouler. Les banques privées, qui ont compris le côté désespérée de la situation, délaissent l'économie réelle et vident leurs caisses à grands coups de dividendes et de bonus. Les États n'ont plus que des restrictions budgétaires à opposer à un endettement toujours galopant. Et que fera la BCE avec dans ses caisses des dettes que les États seront bien en peine de lui racheter ?

Avec les dernières annonces de Mario Draghi, la boucle finale est en train de se boucler[[Deux autres avis :

- Jacques Sapir : « Le QE de la BCE, une mesure désespérée » .
-
Olivier Berruyer (les-crises.fr) : « QE : comment la BCE se moque du monde » .]].


Photo : AFP/Tiziana Fabi.

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