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Publié le 20 août 2015

Loi sur la biodiversité reportée une nouvelle fois. Cela n'émeut guère les Verts en conclave dans le Nord

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Une nouvelle fois, la fin de discussion sur la « grande » (sic) loi sur la biodiversité est reportée à des calendes qui ne sont pas grecques. Après avoir été torturée par les députés puis largement dépecée par les sénateurs. Ces derniers étant encore plus sensibles aux groupes de pression des chasseurs et de la FNSEA. Cela fait désormais trois ans que ce texte traine sous l’œil indifférent des Premiers ministres, du Président de la République et de la ministre étant réputée en charge de l’écologie. Preuves, s’il en fallait encore une, que le pouvoir s’en fout de la protection de la nature.

Au moment où, complice objectif et actif, Nicolas Sarkozy promet à toutes les fédérations de chasse que leurs représentants se verront offrir des places de choix, c'est-à-dire des vice-présidences, dans les nouveaux exécutifs régionaux qu’ils gagneront lors des prochaines élections régionales. Comme disait l’ex : « l’écologie cela suffit » . On peut en causer sur les estrades, donner quelques coups de peinture verte sur les programmes, mais faut pas exagérer. Les espèces en danger, les écosystèmes, les espaces naturels, les couloirs de biodiversité, le loup, les ours, les petits mammifères et les oiseaux ne verront pas vraiment la différence entre la droite et la gauche. Quand aux parcs nationaux, les élus locaux et régionaux continueront de les considérer (et à agir en conséquence) pour qu’ils ne soient plus guère que des luna-parks touristiques et non plus des lieux de conservation en lien avec quelques pratiques agricoles respectueuses. Quand aux parcs naturels régionaux qui se multiplient (déjà plus de 50 !), en dehors de quelques exceptions, ils ne sont ou ne seront plus que des labels pour saucissons et charcuteries ou sabots faussement authentiques…

La discussion sur le projet de loi avait déjà été une fois de plus reportée à l’automne et Ségolène Royal vient d’annoncer que, désormais, le texte ne serait examiné qu’au mois de janvier. En attendant un nouvel ajournement car il est bien connu que « biodiversité » n’a jamais vraiment rimé avec élections, qu’elles soient régionales, locales, législatives ou nationales. Il faut éviter de froisser les lobbies de destructeurs acharnés du milieu naturel.

Occupés à leurs querelles byzantines internes ou externes, les militants et élus verts, passionnés par leur danse du ventre (aussi dérisoire qu'inefficace!)entre le parti socialiste et les Front de gauche, ne vont pas se passionner au cours de leur université d’été pour la biodiversité. Quelques allusions par ceux qui n’ont pas encore compris que leur parti ne fait plus que de la politique politicienne et se soucie fort peu de la nature et de sa lente agonie, suffiront à apaiser leurs bonnes consciences. Car la majorité d’entre eux a oublié pourquoi ils se sont inventés dans les années 70 et 80. La nature, c’est bon pour quelques bobos attardés, pour la Confédération paysanne et pour les naturalistes nostalgiques. Ils sont devenus à la fois aveugles et sourds. Ne se rendant même plus compte que la bataille à venir pour le climat est inséparable de la protection du milieu naturel. Sauf, parfois, quand ils se battent dans les exécutifs régionaux en sursis, pour sauver ou préserver ce qui peut encore l’être. Faire la cour au Front de gauche, c’est oublier que cette formation inclut le parti communiste toujours attaché à sont productivisme tandis que le parti de gauche se ripoline hâtivement lui aussi en vert.

Quant à Ségolène Royal, mise de côté par un Fabius dont l’écologie n’a pourtant jamais été le point fort, elle semble ne pas comprendre, alors qu’elle connait fort bien le dossier depuis des années, que biodiversité et dérèglements climatiques font partie de la même préoccupation française et planétaire. Alors, c’est « promis » (une fois de plus) le sauvetage des espèces et des espaces, on s’en préoccupera après la Conférence de Paris.


Les naturalistes organisent le 12 septembre au tribunal de Florac un "procés" du loup présidé par le magistrat Marcel Lemonde. Le procés sera retransmis en direct par une radio locale, Radio Bartas, et sur le site Télédraille. Ce procés conduit par d'authentiques magistrats et avocats,bénéficie du soutien de la ville de Florac, du Conseil départemental de Lozère et le Parc national des Cévennes.

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