Le bon abbé

Bernard Langlois  • 24 janvier 2007 abonné·es

Cela faisait déjà bien longtemps que le vieil homme épuisé priait son Seigneur de le rappeler à Lui. Le voilà exaucé. À 94 ans. Le Bon Dieu n'était pas pressé de le retirer de la circulation. Faut dire que l'oeuvre à laquelle Henri Grouès, alias l'abbé Pierre, avait consacré sa vie ­ celle des sans-logis ­ est loin d'avoir été menée à son terme.

Curieusement, comme dans un clin d'oeil, le vieillard aimé des Français s'en va en pleine nouvelle bataille.

Au moment où des jeunes gens, qu'une même révolte anime au spectacle de la même misère, ont repris le flambeau. Usant des mêmes méthodes : la mise en scène, l'appel à l'opinion, la médiatisation ; leur tête d'affiche allant jusqu'à se faire une tête... d'abbé Pierre ! Les Enfants de Don Quichotte s'attirent du reste le même opprobre des esprits forts : chiqué ! Coup de pub ! Gesticulation ! Tant pis pour les esprits forts : les Français aiment les gens généreux et ils soutiennent les jeunes gens du canal Saint-Martin comme ils ont toujours porté au pinacle le bon père capucin, avec sa cape, son béret et ses croquenots. Comme ils vénèrent la mémoire de Coluche, bouffon génial et vrai révolté lui aussi, dans son style.

Il y a deux façons d'user de sa popularité : s'exiler en Suisse pour mieux engranger ou mettre sa notoriété au service des démunis [^2]. Devinez

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Edito Bernard Langlois
Temps de lecture : 7 minutes