Grégory Doucet : « Oui, un maire écologiste, ça change la vie »

[Mise à jour, mercredi 4 mars] Sécurité, logement, écologie… Le maire de Lyon défend son bilan et se veut un rempart contre la violence de l’ultradroite dans sa ville. Entre le premier et le second tour, l’écologiste ne ferme pas la porte à un accord avec la liste insoumise.

Lucas Sarafian  • 2 mars 2026 abonné·es
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Grégory Doucet : « Oui, un maire écologiste, ça change la vie »
À Lyon, le 27 février 2026.
© Maxime Sirvins
Municipales : un scrutin crucial

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En 2002, Grégory Doucet commence sa carrière dans l’humanitaire dans l’association Planète Enfants et Développement. En 2009, il s’installe à Lyon et devient responsable des opérations en Afrique de l’Ouest pour l’ONG Handicap International.  En 2017, il est élu secrétaire de la section lyonnaise des Verts. En 2020, il est élu maire de la troisième ville du pays et fait donc partie de cette « vague verte » qui, lors des municipales, conquiert la France à Poitiers, Bordeaux, Strasbourg, Besançon, etc. 

À Lyon, la campagne a été bousculée par la mort de Quentin Deranque. Votre concurrent Jean-Michel Aulas et l’extrême droite se sont saisis de ce drame pour vous attaquer. Que répondez-vous à cette offensive politique ?

Grégory Doucet : Cette tragédie nous a affectés. Pour un parent, perdre son enfant de 23 ans est un drame absolu. Mais les conditions dans lesquelles cet événement tragique est survenu exigent encore d’être éclaircies. L’enquête est en cours. Aujourd’hui, nous ne savons pas tout. Il faut donc être prudent, pour respecter le deuil des parents et l’État de droit. Nous avons besoin d’avoir les résultats de l’enquête, formellement transmis par la justice, pour identifier les culpabilités. Certains ont saisi l’occasion pour instrumentaliser cette affaire. Jean-Michel Aulas souhaite afficher le portrait de ce jeune militant identitaire sur le fronton de l’hôtel de ville. À Lyon, ville de Jean Moulin, capitale de la Résistance, ça ne se fait pas.

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Je ne minimise pas la tragédie pour la famille, mais je ne rendrai pas hommage à quelqu’un qui défendait des valeurs antirépublicaines. La classe politique doit garder son sang-froid. Personne ne doit se jeter sur la première information pour en faire un instrument politique. CNews s’est aussi emparé de l’affaire. Un intervenant de la chaîne a affirmé que la ville de Lyon avait transmis des images de vidéosurveillance à la Jeune Garde. C’est un mensonge, qui remet en cause la probité de nos agents. Le partage et l’utilisation d’images de vidéosurveillance sont étroitement encadrés par la loi. Cet intervenant nous accuse donc d’un acte illégal. C’est la raison pour laquelle j’ai saisi l’Arcom et je porte plainte.

Depuis 2020, je veux mettre un terme à la violence de l’ultradroite dans ma ville.

Lyon est la capitale des groupuscules d’extrême droite. En tant que maire, que faire contre ces groupes ?

Je n’ai pas attendu que certains s’émeuvent du décès de Quentin Deranque pour m’emparer de ce sujet. Depuis 2020, je veux mettre un terme à la violence de l’ultradroite dans ma ville. J’ai mis en place un comité de vigilance sur cette question pour recueillir des informations auprès du Centre LGBTI+ Lyon, l’Olympique lyonnais, la Jeune Garde et un certain nombre d’associations. Nous avons utilisé notre réseau de caméras de vidéosurveillance pour surveiller les agissements de ces groupes. Nous avons accompagné la justice et les enquêteurs pour identifier les auteurs d’agressions physiques. J’ai obtenu la fermeture de locaux et la dissolution de groupuscules, comme les Remparts. Ça a pris du temps. Depuis que je suis maire, nous avons pu de nouveau accueillir une marche des Fiertés qui peut traverser la ville sans craindre les attaques.

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Souhaitez-vous la dissolution de Némésis et de la Jeune Garde ?

Pour Némésis, c’est au ministre de l’Intérieur de se pencher sur le sujet. Je ne dispose pas, en tant que maire, de ressources et de renseignements qui me permettraient de tirer des conclusions sur cette question. Concernant la Jeune Garde, une dissolution a été prononcée. Le dossier est entre les mains du Conseil d’État. L’avis du maire de Lyon n’apporterait rien sur le sujet. Mon rôle est de me tenir à distance des instructions juridiques. Les conseillers d’État doivent trancher dans la plus grande sérénité.

Alors qu’il était président de l’Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas s’est montré peu regardant sur les groupes de supporters d’extrême droite. Par ailleurs, il parle également d’« immigration illégale tolérée ». Quel regard portez-vous sur ses ambiguïtés vis-à-vis de l’extrême droite ?

Il affirme avoir fait le ménage. Visiblement, il a été très mal fait. Les groupes d’ultradroite sont encore dans les tribunes. Il y a quelques jours, j’ai échangé avec un jeune supporter racisé qui me disait avoir été victime, à plusieurs reprises, d’agressions dans les tribunes. Depuis, il ne vient plus au stade. Au fond, Jean-Michel Aulas incarne la droite qui a perdu sa boussole. Il se met dans les pas de Laurent Wauquiez, qui a affiché le portrait de Quentin Deranque sur l’hôtel de région et défend l’union des droites.

La droite aurait-elle oublié que la préférence nationale est une attaque au principe d’égalité inscrit dans nos valeurs républicaines ? Avec un Laurent Wauquiez qui fait un grand écart, mettant toutes les droites ensemble, y compris les droites antirépublicaines – n’oublions pas que l’extrême droite en France a un projet antirépublicain, la préférence nationale est une attaque au principe d’égalité –, on a clairement une droite dans ce pays qui a basculé dans l’antirépublicanisme et Monsieur Aulas est sur ces rails-là. Et quand il demande qu’on rende hommage à un militant identitaire, il enfonce le clou.

[Mise à jour, mercredi 4 mars : La phrase conclusive à cette question, validée après relecture de l’entretien par les équipes de Grégory Doucet, mentionnait : « Je suis un défenseur de la République. Jean-Michel Aulas en est un ennemi. » Une phrase qui a suscité une vive polémique après que Michel Aulas a répondu à l’actuel maire de Grégory Doucet – lequel conteste avoir prononcé cette phrase à son endroit, N.D.L.R.]

Grégory Doucet
« Nous voulons le retour d’une police de proximité. Notre sécurité doit être basée sur l’humain d’abord. » (Photo : Maxime Sirvins.)

La sécurité est l’un des thèmes importants de cette campagne. Que répondez-vous à ceux qui, à gauche, vous accusent d’être trop répressif et ceux qui, à droite, vous accusent de laxisme ?

Je suis bien sur mes deux jambes. Mon approche est équilibrée, entre la répression et la prévention. Quand je suis arrivé en 2020, la police municipale lyonnaise perdait beaucoup d’effectifs. Nous avons inversé la dynamique parce que nous avons revalorisé leurs rémunérations et investi considérablement dans leurs équipements, comme les caméras-piétons, les véhicules ou la rénovation des postes de police. Aujourd’hui, Lyon est doté de 322 policiers. Nous allons continuer. Notre objectif est d’atteindre les 400 policiers municipaux, de créer une brigade de 50 agents consacrés aux incivilités, d’ouvrir des postes de police mobile.

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En clair, nous voulons le retour d’une police de proximité. Notre sécurité doit être basée sur l’humain d’abord. Concernant la vidéosurveillance, nous avons augmenté le parc de 94 caméras pendant ce mandat. Il en faudra autant pour le suivant. Nous sommes la ville la mieux équipée en France après Nice. Mais nous renforcerons aussi notre action sur la prévention. Nous voulons doubler le nombre de nos médiateurs de rue et lancer un plan de lutte contre l’entrée dans le narcotrafic. Je n’accepte pas que des jeunes décrochent du collège pour être guetteurs. Il faut réagir.

Nous avons regagné 30 hectares de nature sur le bitume. Dans les crèches municipales, nous mangeons 100 % bio.

En 2020, vous avez fait partie de cette « vague verte », ces maires écologistes qui ont gagné à Poitiers, Bordeaux, Strasbourg, Besançon… Six ans plus tard, comment jugez-vous votre action en matière de politique écologique ?

Nous avons baissé la concentration de dioxyde d’azote de 34 % et des particules fines de 18 % depuis 2019. Nous avons regagné 30 hectares de nature sur le bitume. Dans les crèches municipales, nous mangeons 100 % bio. Dans les cantines scolaires, nous sommes à plus de 65 % de bio. Et cela va continuer à mesure que les filières bio se structurent. Nous avons progressé sur la santé. Nous sommes l’une des collectivités les plus engagées contre les Pfas.

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Avec la métropole, nous avons donné la priorité aux déplacements piétons, nous avons développé les voies cyclables, nous avons beaucoup investi dans les transports en commun. De ce fait, nous avons réduit la circulation automobile, augmenté le trafic de vélos et la pratique de la marche. Par conséquent, le nombre d’accidents a été divisé par deux. Nous avons sauvé des vies. De manière générale, notre taux de réalisation de notre plan de mandat s’élèvera à 96 % cette année. Donc oui, un maire écologiste, ça change la vie.

Pourtant, le débat public retient certaines polémiques. En 2020, vous avez été critiqué pour avoir traité le Tour de France de « machiste et polluant ». À Bordeaux, Pierre Hurmic l’a été aussi pour avoir voulu renoncer au très traditionnel sapin de Noël. Comment l’expliquez-vous ?

J’assume toutes mes prises de position. Elles ont été dévoyées, détournées et complètement instrumentalisées. En pleine crise sanitaire, le ministère de l’Éducation nationale nous a envoyé une notice pour nous expliquer qu’il fallait qu’il y ait un mètre entre chaque enfant à la cantine. Nous ne pouvions pas pousser les murs de ces cantines. Il a donc fallu faire plus de rotations pour que tous les enfants puissent manger. Pour cela, nous avons fait au plus simple : nous avons décidé de ne proposer qu’un seul menu.

Je suis un maire qui fait, et qui ne fait pas assez savoir.

Et pour s’assurer que tous les enfants puissent manger, nous avons enlevé la viande des menus. D’ailleurs, Gérard Collomb avait fait la même chose quelques mois auparavant. Mais, moins de 24 heures après cette décision, j’ai eu droit à un tweet du ministre de l’Intérieur de l’époque, Gérald Darmanin, pour dire que j’étais en train d’insulter les bouchers. La recherche du buzz permanent, les invectives, le mensonge, l’instrumentalisation de tout… Voilà ce qu’est devenue la politique dans ce pays ! Néanmoins, je peux reconnaître certaines choses : je suis un maire qui fait, et qui ne fait pas assez savoir.

Évidemment, la transition écologique et la justice sociale que je porte amènent un certain nombre de transformations de nos habitudes de vie, de déplacement, de consommation… Ce sont des transformations qu’il faut pouvoir accompagner. Cela peut passer par de la communication. Et nous n’avons peut-être pas assez investi sur ce terrain. Avant d’être maire, j’étais humanitaire, et ma priorité a toujours été de faire les choses. Sur le prochain mandat, nous investirons davantage dans la communication, l’accompagnement, l’explication…

« Je veux que Lyon soit sauvé des griffes de la droite extrême portée par Jean-Michel Aulas, ce fameux candidat de la société civile qui est en réalité le candidat de la Macronie et des Républicains. » (Photo : Maxime Sirvins.)

Lyon connaît une crise du logement importante. Comment y répondre ?

Nous avons mis les moyens. Avec la métropole, nous avons investi 34,5 millions d’euros sur le logement social pendant mon mandat. C’est 30 % de plus que le mandat précédent. D’ailleurs, nous avons augmenté le taux de logements sociaux dans la ville : Lyon était à 24,37 % de logements sociaux à la fin de l’année 2024, nous irons jusqu’à 30 % d’ici à 2040. Nous allons donc doubler les investissements sur le logement social pendant le prochain mandat.

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En plus de lutter contre l’habitat indigne, nous allons également prolonger l’encadrement des loyers : personne ne désencadrera les loyers à Lyon. C’est une mesure très efficace. Et les villes qui ont choisi de ne pas encadrer ont vu l’augmentation des loyers décoller. Nous mettrons en place une assurance habitation municipale pour que les habitants puissent bien s’assurer à un coût raisonnable. Il ne faut pas oublier qu’1,7 million de Français n’assurent pas leur habitation. Ce n’est pas un détail.

Si, à gauche, nous voulons que la politique soit apaisée et digne, ne sombrons pas systématiquement dans l’invective et le rejet de l’autre.

Selon de récents sondages, la candidate insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi pourrait se maintenir après le premier tour. Dans ce cas de figure, seriez-vous prêt à vous unir ?

Je porte un programme dans le cadre d’une union déjà très large. Toute la gauche non-insoumise est rassemblée derrière moi. Ma priorité, c’est de faire en sorte que notre programme soit mis en œuvre. Et il ne changera donc pas entre le premier et le deuxième tour. Je veux commencer à l’appliquer dès le 23 mars, le lendemain du second tour. Mais j’ai un autre objectif : je veux que Lyon soit sauvé des griffes de la droite extrême portée par Jean-Michel Aulas, ce fameux candidat de la société civile qui est en réalité le candidat de la Macronie et des Républicains. Son programme, c’est le retour au XXsiècle : l’affairisme et le tout-béton. Il ne faut pas que son projet voie le jour.

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Au soir du premier tour, nous examinerons la situation et nous verrons ce que les Lyonnais nous diront. Car les sondages ne font pas une élection. Je l’affirme clairement : s’il faut que je travaille avec Anaïs Belouassa-Cherifi, je pense que c’est possible. Je poserai néanmoins des conditions : la police ne doit pas être désarmée dans cette ville, et il est hors de question que des élus soient liés, de près ou de loin, à des affaires de violence. Ce sont mes lignes rouges. Par ailleurs, deux autres candidats de gauche se présentent au premier tour : Nathalie Perrin-Gilbert et Georges Képénékian. Nous avons des valeurs communes, nous leur tendons aussi la main.

Toutes nos politiques publiques sont plébiscitées. Il n’y a donc pas de backlash, mais une montée en puissance des forces réactionnaires.

En 2026, le contexte politique est bien différent de celui de 2020. La gauche est diabolisée, l’union au niveau national n’existe plus vraiment, le backlash écologique souffle fort dans le débat public. Comment les Verts et la gauche peuvent-ils s’en sortir ?

Faisons de la politique comme nous voulons qu’elle soit. Si, à gauche, nous voulons que la politique soit apaisée et digne, ne sombrons pas systématiquement dans l’invective et le rejet de l’autre. Ça ne veut pas dire que tout doit être accepté. Mais il faut une exigence éthique en politique. Essayons de tenir ensemble toutes les composantes de la gauche. Marine Tondelier le fait très bien. Arrêtons d’alimenter des oppositions qui n’ont pas lieu d’être dans la durée.

« Les gens ont envie de vivre ensemble. Dans la période, il faut systématiquement le rappeler et ne pas être complaisant. » (Photo : Maxime Sirvins.)

Concernant ce fameux « backlash écologique », il n’existe pas. Les Français ne veulent pas revenir en arrière. Et il suffit de regarder le nombre de personnes qui ont signé la pétition contre la loi Duplomb pour le comprendre. Les Lyonnais ne me demandent pas d’arracher des arbres pour remettre des places de stationnement. Ils sont très contents que leurs enfants mangent du bio dans les cantines, que la nature en ville se soit développée, que la qualité de l’air se soit améliorée.

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Toutes nos politiques publiques sont plébiscitées. Il n’y a donc pas de backlash, mais une montée en puissance des forces réactionnaires, poussées notamment par des empires économiques comme celui de Vincent Bolloré, qui tentent d’imposer un récit. Mais ce récit est faux : les gens ont envie de vivre ensemble. Dans la période, il faut systématiquement le rappeler et ne pas être complaisant. Laisser manifester dans les rues de Lyon des gens qui font des saluts nazis et crient « Blancs, Blancs ! Réveillez-vous ! », c’est leur laisser la possibilité de prospérer. Ils sont les ennemis de la République. La peste brune, il ne faut jamais la laisser croître.

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