Le mal des transports

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Après des mois de gestation, le Plan des déplacements à Paris (PDP), qui veut réduire de 40 % la circulation automobile (et de 60 % les émissions de gaz à effet de serre) dans la capitale d'ici à 2020, a été voté la semaine dernière par le conseil municipal. Au grand soulagement de l'adjoint Verts aux transports, Denis Baupin. Mais dans l'hypocrisie la plus totale, les élus de gauche étant généralement d'accord pour réduire la circulation automobile... tout en bataillant pour y faire échapper leur quartier. Dans le XIe arrondissement, communistes et socialistes ont ainsi barré un projet de réaménagement du faubourg Saint-Antoine. Pour la candidate UMP à la mairie, Françoise de Panafieu, le PDP est le « baroud d'honneur d'une politique à bout de souffle » .

Plus grave, la planète bobo, avec l'aide de l'Automobile club et de certains médias, guerroie contre la nouvelle écologie des déplacements voulue par l'équipe municipale, qui privilégie une augmentation des transports en commun. S'y ajoute la mauvaise volonté d'urbanistes de la ville, prompts à décrédibiliser les Verts : l'aménagement erratique du boulevard Saint-Marcel, avec les rumeurs (fausses) d'une hécatombe de piétons, en est une parfaite démonstration. Une partie de ces néo-opposants (ils ont voté pour la majorité PS-Verts) n'imaginait pas que cette coalition tiendrait sa promesse de décourager la voiture. Et feint d'oublier que la municipalité ne maîtrise pas les choix du Syndicat des transports de l'Île-de-France, sous la coupe d'un État bien décidé à lui savonner la planche.

Question vélos, pour lesquels il faut trouver plus d'un millier de garages libre-service, c'est aussi la guerre entre les usagers, les monuments historiques, le préfet de police, le ministère de la Culture et les conseils d'arrondissement, sur le thème « oui au vélo, mais pas dans ma rue ». Le maire du XIe a repoussé le passage d'une piste cyclable devant sa mairie, parce que les cortèges de mariage risquaient d'y être renversés...


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