Machisme : Trop, c’est trop !
dans l’hebdo N° 945 Acheter ce numéro
Il n'est vraiment pas besoin d'être un fan de Ségolène Royal pour juger scandaleux les traitements qu'on lui inflige. Autant est-il licite (et de notre point de vue nécessaire) de discuter son programme, le contenu de ses interventions ou le flou de certaines de ses propositions, autant le doute jeté en permanence sur ses capacités, l'accent mis sur ses « bourdes » ou sa légèreté supposée, la complaisance que les médias mettent à offrir des tribunes à ses contempteurs (que ce soit le pitoyable Claude Allègre, justifiant son aversion au nom de la science [!], ou, pis, l'obscur député de la Drôme, ce « traître de mélodrame » accédant à la notoriété par un « libelle infâme » hâtivement concocté avec l'aide intéressée d'un confrère chafouin), quand, dans le même temps, tout en ronds de jambe et courbettes devant Sarkozy, ils se gardent bien de relever ses âneries (les « ethnies sunnites et chiites » , par exemple) ou de lui poser la moindre question embarrassante sur ses curieuses déclarations fiscales ou les conditions d'acquisition de son appartement, révélées par Le Canard enchaîné , ou encore de s'indigner de ses menaces envers les dirigeants de France 3 ou ceux de Libération ça promet, si ce type arrive à l'Élysée ! ; quand, donc, l'une est quotidiennement livrée aux lions et l'autre toujours hissé sur le pavois, comment ne pas dire en effet : « Trop, c'est trop » [^2] ?
Oui, trop, c'est trop. Et, à défaut d'entraîner mon adhésion politique, Mme Royal, face au déchaînement de machisme ordinaire, force mon admiration par le calme, la dignité, l'assurance avec lesquels elle poursuit sans faiblir sa campagne.
Comme le souligne drôlement Pierrette Fleutiaux dans Libé : « En France, on veut du papa, du costume-cravate, c'est à cela qu'on est habitué, c'est là qu'est la figure d'autorité, celle que l'habitude a légitimée. Lâcher la main du papa fiche la frousse. [...]
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